Affaire Etat Gabonais- Webcor : Après son audition au B2, Jean François Ntoutoume Emane livre sa version de faits sur les responsabilités des parties

Au sortir de son long interrogatoire de près de 7 heures du mercredi 12 septembre 2018 à la Direction Générale des Contre-Ingérences et de la Sécurité Militaire, communément appelée B2, l’ancien premier ministre et ex-maire de la commune de Libreville, Jean François Ntoutoume Emane a réfuté la thèse d’un quelconque détournement de fonds destinés à la construction du Grand marché de Libreville par la société suisse webcor  en évoquant toutes les étapes qui ont eu lieu lors de la convention signée entre l’Etat Gabonais  et le groupe suisse au cours de sa déclaration faite ce samedi 15 septembre courant, dans l’une de ses résidences  de LALALA, au 5e arrondissement de Libreville.

Proche du dossier querellé, celui de la construction du Grand Marché de Libreville, du fait de son passage à la mairie  centrale de Libreville, et l’un des participants à la signature du contrat liant l’Etat Gabonais à la société suisse webcor.  L’actuel  Président du Rassemblement des Patriotes Républicains (RPR), Jean François Ntoutoume Emane fut même le principal intermédiaire entre les deux parties : « Omar Bongo après l’incendie du marché Mont-Bouet… il me convoque à la présidence, il était déjà assez fatigué, et il me dit : Jacky si Dieu m’appelle, avant que je disparaisse il faut doter le Gabon d’un marché moderne », a-t-il précisé. C’est fort de cette instruction formelle que le Président du RPR va se hâter de trouver un groupe capable de « préfinancer le projet » afin de doter la capitale d’un marché « digne de ce nom », comme le voulais Omar Bongo.   Dans ses démarches, il fera la rencontre d’un « ingénieur Congolais », par l’entremise de ce dernier, il apprendra  que «  le Congo était en pourparler avec un groupe qui construit de marchés dans le monde(…) ce groupe c’est webcor, avec des capitaux des milliardaires de Dubaï », qui est un groupe suisse avec un siège social à Paris et un siège opérationnel à Lausanne.  Au sein de ce groupe  il y avait des milliardaires suisses et de Dubaï. Et il se trouve que  l’un des « milliardaires de Dubaï a fait sa fortune au Congo RDC », ce qui aurait facilité les choses, selon Ntoutoume Emane. « J’ai grandi au Congo, et je parle lingala comme lui », a-t-il indiqué.  Pour montrer davantage les efforts personnels consentis afin que ce projet voit le jour : «  ces hommes là étaient ici, j’ai loué des bateaux, mis deux voitures avec chauffeurs à leur disposition, ça duré deux ans à mes frais  pour qu’ils apprécient le pays », a-t-il souligné.

Le financement des travaux qui auraient  coûté près de 27 milliards dont le groupe «  apportait 40 pour cent  d’un « apport propre de capitaux et les autres 60 pour cent, devaient être apportés sous la modalité d’un emprunt auprès d’une syndic assurance sous la forme d’un poulpe bancaire local, et  qu’ils ont obtenu ». Avant toute continuation du contrat, la société avait au préalable exigé de la mairie l’obtention d’un « bail» du lieu de la construction du Grand  Marché de Libreville, ce qui leur avait été accordé. Et par-dessus tout, webcor aurait demandé une baisse fiscale sur les matériaux de construction importés, au regard des efforts financiers qu’elle venait  d’effectuer.  Ce serait au sortir de ces tractations qu’une convention entre l’Etat Gabonais et Webcor va être signée par le ministre d’Etat Luc Oyoubi et le Directeur des marchés Jean Felix Soka et la société concernée. Telle est la nature de la convention  qui avait  été signée selon le président du RPR.  Et même que «  la pose de la première pierre avait été faite par le premier ministre », Raymond Ndong Sima lequel remplissait le projet de toutes louanges auprès du chef de l’Etat, de sorte à l’exciter à approuver le projet.

Certains membres du parti, ainsi que ceux de la Coalition, dont Jean Eyeghe Ndong

 Mais le 11 mai  2015, alors que les premiers travaux avaient déjà été lancés,  le maire actuel, Rose Francine Ossouka,  adresse  « une correspondance » qui annonce la suspension  des travaux, sans « avoir eu à consulter le conseil municipal ».  Certes, un contrat peut être rompu, car il n’est pas inchangeable, mais pas par  « une décision unilatérale ». Dans une convention s’il y a des modifications à faire, vous vous rapprocher de l’autre partie, de sorte à régler le malaise à l’amiable.  Alors que  l’entreprise après lancement des travaux, avait déjà dépensé 3 milliards pour enlever « un blocus » trouvé sur le site de la future construction du grand marché de Libreville, madame le maire va prendre une décision qui ne « se repose sur aucun élément légal ».

Or, la convention stipulait qu’en cas de différend, les deux parties avaient obligation de le régler à l’amiable, au cas contraire, traduire le dossier au tribunal arbitral de Paris. C’est fort des échecs consécutifs de tentative de négociation, que  la société Webcor aurait transmis le dossier au tribunal arbitral de Paris. Après plusieurs mois d’audition, le Gabon n’avait pas été trouvé vainqueur de ce procès : il sortira d’ailleurs même affliger de suite d’une sentence  de près de 67 milliards de francs cfa à payer à webcor.  La difficulté c’est que « la sentence ne peut pas faire l’objet de recours ».

La construction de ce grand marché de Libreville aurait fait de lui «  le cœur battant de Libreville » au regard de tout les éléments qu’il aurait mis à la disposition des Gabonais.  Mais aujourd’hui, ce marché reste une vue de l’esprit si l’on  s’en réfère aux différentes recherches d’un coupable, le bouc émissaire parfait dans une histoire qui a tout l’air  d’une faute grave de négociation d’affaires.

Jessy Mboukou

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