Covid-19: Quand le discours d’Ali Bongo sème la confusion

Le discours du chef de l’Etat le vendredi 3 avril courant n’a pas renforcé la confiance des gabonais. Bien au contraire, c’est la nation entière qui se pose désormais des questions. Sur les réseaux sociaux, les frustrations sont perceptibles. 

Attendu avec ferveur, le discours d’Ali Bongo Ondimba, qui devait annoncer des mesures d’accompagnement du fait du confinement décrété par ses soins, n’a pas convaincu. Peu après son allocution, les réactions ne se sont pas faites attendre. Comment tout ceci se traduira-t-il, dans la réalité ? C’est la question fondamentale que se posent nationaux et étrangers résidant de façon permanente au Gabon. 

Si les mesures sanitaires apparaissent opportunes, le manque de détails dans la faisabilité d’une telle opération inquiète plus d’un. Si dépistages massifs des populations il y a, Ali Bongo Ondimba aurait dû donner des chiffres. Il faudra donc dépister un peu plus de 2 millions de personnes. Les outils médicaux pour procéder aux tests sont ils disponibles ? Si oui, de combien en dispose-t-on? Quels sont les principaux fournisseurs et combien la conduite d’une telle opération coûtera-t-elle ? Jusqu’ici, aucun chiffre, aucune simulation. 

Sur les capacités d’accueils, rien n’a été dit. Le chef de l’Etat a volontairement éludé les vraies préoccupations. 

Dans son allocution, Ali Bongo a indiqué que 4 milliards par mois seront décaissés pour le paiement des factures d’électricité, quand 2 milliards le seront pour les factures d’eau en faveur des Gabonais économiquement Faibles (GEF). Une question subsiste. Quel outil statistique a conforté le chef de l’Etat dans la prise d’une telle mesure et comment se traduira-t-elle concrètement ? 

La majeure partie des compteurs d’électricité aujourd’hui sont dits « prépayés ». Presque tout le monde en dispose. 

Autre mesure floue, la suspension de la perception des loyers pour les personnes sans revenus. Le gouvernement disposera-t-il d’une liste pour les personnes dites « sans revenus »? Un point de la déclaration d’Ali Bongo qui fait déjà réagir sur les réseaux sociaux. 

À l’évidence, il semble que la mesure ne concerne pas tout le monde. Elle ne ciblerait qu’une infime partie de la population. Quid des étrangers résidants sur le sol gabonais et qui vivent de petits commerces ? Quid des gabonais qui sont en grande partie dans l’informel? Quid de tous ceux qui exercent sans contrats ? Autant d’interrogations. 

Joseph Mundruma

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