DE LA CRISE SANITAIRE A LA CRISE HUMANITAIRE : De l’ingouvernabilité.

La situation socio-politico-administrative dans laquelle est plongée notre pays, conduit à m’imposer une lecture analytique de cette dernière. L’objectif poursuivi, étant de permettre à l’opinion publique d’avoir des rudiments d’éléments pour interpréter et de pouvoir mieux cerner les enjeux.
Pourquoi l’ingouvernabilité? Comment en est-on arrivé là?
Nous devons entendre par ingouvernabilité, le caractère de ce que l’on ne peut gouverner, de ce que l’on ne peut contrôler.
Pour comprendre les faits, je vais interroger l’histoire, puis essayer de lire les faits.


Au départ, il y a un homme: Ali Bongo Ondimba. A l’arrivée, la difficile mise en oeuvre de son projet de société : L’avenir en confiance.
En 2009, le choix d’Ali Bongo Ondimba pour succéder à feu Omar Bongo Ondimba, à fait place à une véritable lutte de candidatures au sein du PDG ( Parti Démocratique Gabonais). Ne pouvant faire un consensus autour de lui, a cause de l’égo et de la volonté du leadership de certains, le parti va enregistrer ses premières d’émissions . Pour les autres, la situation financière relativement stable du pays cette même année, les a emmenés à soutenir Ali Bongo Ondimba pour ne pas perdre leurs privilèges et poursuivre la pérennisation de la gestion du système qu’ils ont conçu et servi. Sauf que ce soutien, ne s’est pas fait sans réserve implicite: s il nous garantie les avantages que nous avions avec son père, pensaient ils, on le soutien, si ce n’est pas le cas, on se débarrassera de lui en 2016. C’est dans cette vision des choses qu’en 2009, après avoir royalement battu campagne au profit d’ABO,, et n’ayant pas été récompensé par des portefeuilles ministériels ‘ y en a qui sont devenu opposant de circonstances. Non pas par conviction idéologique. Mais plutôt par frustration.


L’assemblee nationale de son côté, nest pas restée les bras croisées. En effet, profitant de la cloison perméable qui existe entre l’executif et le législatif, ils ont envoyé leurs représentants au gouvernement surveiller leurs intérêts, en vue de se faire une belle cagnotte pour mieux affronter 2016. Ce n’est donc pas par hasard que la plupart des premiers ministres et ministres sont issues du parlement. Contre toute attente, l’ancien président de l’Assemblee nationale, en posant sa démission pour se présenter à la présidentielle de 2016, a été suivi par ses affidés, entraînant avec lui, plus d’une vingtaine de départs de l’hémicycle, et aussi du PDG. Ici, pour des raisons d’égo et de leadership, chacun voulant le pouvoir pour soi, ils ont fini par se scinder en deux! Les Démocrates et le RHM ( Rassemblement Héritage et Modernité). Nos ex deputés sont donc devenus opposants non pas pour défendre le bien-etre du peuple. Mais simplement pour assouvir leurs intérêts personnels qui pour eux, passent par le départ de leur ancien poulain. Des lors, l’assemblee nationale a dévoyé ses missions traditionnelles de défense des intérêts du peuple, pour rechercher la satisfaction de leurs besoins personnels. Des lors, les députés qui sont à l’Assemblee comme ceux qui sont au gouvernement ont un objectif commun: la prise du pouvoir. Après le complot raté de faire échouer ABO en 2016, à travers des actions coordonnées et planifiées, et ce de concert avec le gouvernement, ils s’activent à mettre désormais leur plan  »B  » en marche : rendre le pays ingouvernable.

Pour preuve, l’incurie dans laquelle baigne l’administration dessert à la fois l’administration elle même, d’où les grèves sectorielles avec pour objectif de les généraliser à l’ensemble de l’administration, mais aussi dans l’inefficacité, voir l impossibilité de la mise en place des politiques publiques. Cela ayant pour corollaire la colère des populations. D’ou l’echec volontaire de la gestion du Copil, le vote de la depenalisation de l’homosexualité, sont autant d’exemples que je peux prendre. En fait, au regard du fonctionnement de l’Assemblee nationale et du gouvenerment, je suis à même de dire que l’opposition au régime du Président de la République, ce sont les hierarques du régime par leur activisme pernicieux au regard des actes qu’ils posent. Car, loin de le protéger, ils l’exposent. Nous sommes donc la bel et bien dans un coup d’état idéel. Et dont la stratégie passe par l’usure du discours présidentiel et la d’évaluation de son pouvoir par l’allegement du décret présidentiel.


En effet, comment comprendre qu’un ministre, fusse t’il de la Santé, puisse remettre en cause au vu et au su du Premier ministre, les fonctionnaires nommés par décret du Président de la Republique,pris en Conseil des ministres, pour les remplacer par ceux nommés par lui sur simple arrêté ministériel? Comment comprendre qu’un minisre des Eaux et Foprets puissent faire nommer des agents à des hautes fonctions publiques, sans pour autant que ces derniers ne soient des fonctionnaires ? Etc. L’incurie qui, part de l’Assemblee nationale, traversant le gouvernement, trouve son point de chute au sein du PDG. Réagissant au débat sur la depenalisation de l’homosexualité, le secrétaire général du PDG de dire: il ne faut pas confondre depenalisation et légalisation. Jetant au passage encore de l’huile au feu sur un débat déjà houleux. Sachant que ce qui n’est pas puni est légal, de quoi parle t’il? La depenalisation vise une reconnaissance. Des lors, cela ouvre aux homosexuels des droits. Le PDG subsistera t’il à l’apres Ali Bongo Ondimba? Ou, finira t’il victime d’une implosion programmée ?
Si rien n’est fait par le Président de la République et son cabinet pour arrêter ce coup d’état, Dieu seul sait si il arrivera en 2023. Toutefois, force est de reconnaître que si ABO est chef de l’Etat, la mise en euvre de son projet incombe au gouvernement. Et qu’a ce titre, vous êtes aussi, chacun en ce qui le concerne, comptable de la gestion actuelle du pays. Sachez donc qu un adage bien de chez nous dit: équipage d’un même bateau, solidaire d’un même destin.


Enfin, à l’attention des comploteurs, c’est pas parce-que le lion a maigri que l’on doit l’appeler chat. Finalement, ABO, est il encore l’homme de la situation? Que les pedegistes répondent. Pour l’heure, Dieu et le peuple vous observent, en attendant de siffler la fin du game.  »
Puisse Dieu illuminer l’intelligence du peuple gabonais en lui accordant discernement, sagesse et l’unité d’esprit.
Que Dieu bénisse le Gabon.

Gilles Eric ILOBO MOUKOUANGA,
Consultant en Stratégie et Développement.
Digi Pro Conseil.

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