Gabon/Covid-19 : les impacts économiques de la crise sanitaire explicités par le ministère éponyme

Conséquemment à la crise sanitaire du Covid-19 sur le Gabon, le ministère de l’économie et des finances a tenu à faire la clarté, éléments statistiques à l’appui.

Dans un document synthétique, Jean Marie Ogandaga, ministre de l’économie et des finances, livre les détails de l’impact économique de la crise sanitaire du Covid-19 sur le Gabon. Il fait initialement la démonstration que l’origine de la conjoncture en cours dans notre pays est loin d’être que nationale. Bien au contraire, les conséquences seraient multiples.

S’apesantissant sur la croissance et les secteurs affectés, il indique, tout en rappelant que le choc accusé sur l’économie gabonaise est lié d’une part à la chute de la demande mondiale de nos principaux produits d’exportation et de la baisse des cours de nos matières premières, d’autres part.

La Chine, la France et la Belgique, nos premiers partenaires économiques connaissent, depuis le début de la crise sanitaire, une importante récession.

La Chine, notre premier partenaire économique depuis 6 ans déjà, pèse lourd dans notre commerce extérieur. À lui seul, il représente 46,8% en 2019. C’est aussi notre premier acheteur du bois, 37,2% en 2019. Du manganèse, avec +72,2 en 2019. Le ralentissement de son activité économique, +1,9% contre 5,8% initialement prévu, est donc à l’origine d’un important déficit.

La France, deuxième partenaire du Gabon, est lui aussi dans une posture incommodante. En 2019, il représentait 9,0% de part de marché. Principal acheteur du caoutchouc gabonais et de son bois, il traverse lui aussi une récession en 2020.

La Belgique, notre 3e partenaire économique, avec 5% des partis de marché, est lui aussi en récession.

Pourtant en hausse de +3,9% en 2019, l’activité économique nationale devrait connaître un pic descendant de 0,2% en 2020.

Dans son analyse, le ministère de l’économie et des finances prend le soin d’indiquer que ces chocs extérieurs et intérieurs sont la cause de la récession que connaît actuellement le Gabon.

La baisse des cours des matières premières, la contraction de l’activité économique mondiale et l’application des mesures internes visant à lutter contre le Covid-19 entraînerait une décroissance économique en 2020 de -0,2%.

Explicatif, le document de Jean Marie Ogandaga fait état de contre-performances du secteur pétrolier, -4,5% contre +13% en 2019 et du secteur hors pétrole, +0,3% contre +2,9% en 2019.

Loin d’être exhaustif, l’élément estime l’impact encouru sur les finances publiques. Avec un retour à l’équilibre en 2019, +1,1% du PIB, la situation devrait se dégrader en 2020. Le Gabon pourrait accuser un déficit supérieur à 5% du PIB, une conséquence de la baisse des termes de l’échange et du repli de l’activité économique en 2020.

Ce déséquilibre des finances publiques serait consécutif à une chute de 33% des recettes totales par rapport aux objectifs initiaux de la loi de finances 2020. Ainsi, le gouvernement prévoit une chute des recettes de -45,8% dans le secteur pétrolier et -26% dans le secteur hors pétrole.

Le Gabon perdrait donc 700 milliards de FCFA de ses recettes.

Agnès Limori

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