Gabon : Jets de pierres sur la nomination de Rose Christiane Ossouka Raponda, ce qu’il convient de retenir

Le 16 juillet dernier, soit 15 jours déjà, Rose Christiane Ossouka Raponda a été nommée première ministre, cheffe du gouvernement, succédant ainsi à Julien Nkoghe Bekalé. A 56 ans pétante, cette pétillante Mpongwé, économiste de formation, diplômée de l’institut gabonais de l’économie et des finances est devenu la première femme à la primature gabonaise

Si le Parti Démocratique Gabonais (PDG) et la présidence de la République se félicitent de cette avancée historique, de nombreuses voix sur les réseaux sociaux s’élèvent déjà pour objecter le satisfécit de la communauté Mpongwé, qui a tenu, de façon solennelle, à exprimer sa gratitude au chef de l’Etat.

Comment interpréter ces soulèvements? Cabale, mauvaise foi ou simple diversion ?   

Avant toute chose, il serait judicieux de faire une présentation, même si sobre, de la nouvelle autorité à la primature.  

Qui est Rose Christiane Ossouka Raponda ?

Rose Christiane Ossouka Raponda c’est une femme Mpongwé avec des valeurs et un parcours sans fautes, au plan académique et politique. Elle a parfaitement fait ses classes et est rompue à la gestion de la chose publique.

En février 2012, elle fait son entrée au gouvernement en qualité de Ministre du Budget, des Comptes publics et de la fonction publique. Poste qu’elle occupera jusqu’en 2014.

Puis, de février 2014 à février 2019, en remplacement de Jean François Ntoutoume Emane, un transfuge du PDG, elle devient maire de Libreville, la capitale gabonaise.

Enfin, de février 2019 à juillet 2020, elle est ministre de la Défense nationale et de la sécurité du territoire, remplaçant ainsi à ce poste très stratégique pour le Palais Rénovation, Etienne Massard Kabinda Makaga.

Une trajectoire suivie avec opiniâtreté.

Cela dit, il est donc évident que les capacités de Rose Christiane Ossouka Raponda à diriger le gouvernement sont sans équivoques, et donc inattaquables.

Si des voix dissidentes se font entendre pour crier au communautarisme et ou au tribalisme, prenant appui sur la récente sortie de la communauté Mpongwé, il est évident que l’histoire du Gabon est encore obscure pour plus d’un.

D’abord, le poste de premier ministre a longtemps été, dans l’histoire du Gabon, pour des raisons de géopolitique et de géostratégie, une occupation des natifs de l’Estuaire, avant de voir cette coutume profondément bouleversée sous Ali Bongo Ondimba, le chef de l’Etat.

Sous la République autonome du Gabon

Du 21 mai 1957 au 17 août 1960 : Léon Mba (Estuaire)

Sous la République Gabonaise

Du 17 août 1960 au 17 février 1964 : Léon Mba

Du 18 février 1964 au 19 février 1964 : Jean Hilaire Aubame (Estuaire)

Du 19 février 1964 au 28 novembre 1967 : Léon Mba

Du 16 avril 1975 au 3 mai 1990 : Léon Mebiame Mba (Estuaire)

Du 3 mai 1990 au 2 novembre 1994 : Casimir Oyé Mba (Estuaire)

Du 2novembre 1994 au 23 janvier 1999 : Paulin Obame Nguéma (Estuaire)

Du 23 janvier 1999 au 20 janvier 2006 : Jean François Ntoutoume Emane (Estuaire)

Du 20 janvier 2006 au 17 juillet 2009 : Jean Eyeghe Ndong (Estuaire)

Du 17 juillet 2009 au 27 février 2012 : Paul Biyoghe Mba (Estuaire)

Du 27 février 2012 au 25 janvier 2014 : Raymong Ndong Sima (Woleu-ntem)

Du 25 janvier 2014 au 29 septembre 2016 : Daniel Ona Ondo (Woleu-ntem)

Du 29 septembre 2016 au 12 janvier 2019 : Emmanuel Issoze Ngondet (Ogooué-Ivindo)

Du 12 janvier 2019 au 16 juillet 2020 : Julien Nkoghe Bekale (Estuaire)

Des nominations marquées par des jubilations et satisfécits des ressortissants de ces parties du pays, aux chefs de l’Etat, pour la confiance portée sur un des leurs.

L’on peut donc s’interroger sur les motivations réelles des langues qui se sont levées pour condamner les remerciements de la communauté Mpongwé au chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba.

Dans ce cas, comme dans beaucoup d’autres, l’histoire sera toujours là pour faire la lumière et trancher sur les débats stériles.

Joseph Mundruma    

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