Tribune: RÉPUBLIQUE SUD-AFRICAINE: AVIS DE « TEMPÊTE » XÉNOPHOBE

1. Sur tous les réseaux sociaux, des nègres sud-africains assument publiquement leur xénophobie, envers les nègres du reste de l’Afrique. Le gouvernement sud-africain n’en a rien à cirer. Le parlement regarde ailleurs. La police fait des constats de cadavre.

Après le ségrégationisme blanc, voici le xénophobisme noir. Faisons les constats comme il se doit. La République Sud-Africaine est donc un pays de haine. Je vous entends bouder. À l’époque de l’apartheid, tous les blancs avaient-ils été racistes? Bien sûr que non. Mais le pays était quand même raciste.
Tous les nègres d’Afrique du Sud sont-ils xénophobes? Bien sûr que non. Mais le pays est publiquement xénophobe.

2. Après avoir dit ça, posons-nous les bonnes questions. Où sont passés les pourfendeurs de l’ivoirité? Où est donc Nicolas Sarkozy? Voici une occasion bénie de rebondir en politique!

Où est l’Union Européenne? Où est l’ONU? Où sont les sanctions économiques? Où sont les sanctions diplomatiques? Où est l’Union Africaine? Où est la SADC? Où est la CEDEAO?

J’entends le président Macky Sall appeler tout le monde à l’apaisement. Mais monsieur le Président! Ce n’est pas à nous qu’il faut parler. Vous l’ingénieur du pétrole, vous devez parler aux bidons d’essence. Et aux flammes qui lèchent les corps entorchés! Allez-y! Adressez-vous aux tiges d’allumettes et à l’essence que vous avez étudiés à l’école. Demandez-leur d’arrêter de brûler les gens. Dites-leur de reproduire le miracle du buisson ardent. En épargnant les vies. Comme le feu de l’Éternel qui refusa de consumer le buisson de Moïse…

Demandez aussi à votre collègue, Cyril Ramaposa, de continuer à garder son apaisement. Dites-lui d’attendre que les nègres venus d’ailleurs aient fini de brûler. Dites-lui de continuer à zapper les déclarations du roi des zulu. Dites-lui de continuer à ignorer les mots de Thabo Mbeki. Dites-lui de laisser grandir le rejet de son pays sur tout le continent. Dites-lui d’exposer la vie de ses compatriotes vivant à l’étranger.

3. Il y a quelques temps, le magazine Jeune Afrique publiait que mon pays le Gabon, est xénophobe. Une fois encore, je félicite la bravoure du professeur Daniel Franck Idiata, pour son patriotisme et pour son courage intellectuel. Pendant que tout le monde la bouclait, lui répondit à Jeune Afrique.

Je pose la question aux « agences de notation » de la xénophobie. Quand avez-vous entendu que des gabonais auraient brûlé vifs des étrangers? Quand avez-vous vu des gabonais filmer le lynchage d’un étranger, jusqu’à ce que mort s’en suive?

Le Gabon a toujours été un pays d’immigration. Il y a 200 ans, quand la France arrivait chez nous, elle trouva un territoire immensément riche, mais quasiment vide. Pas d’enseignant. Pas de technicien. Pas de fonctionnaire. Au lieu de former les indigènes, les colons décidèrent d’importer des populations du Golfe de Guinée. Nos ancêtres accueillirent ces allogènes à bras ouverts. Vous avez bien compris. La plupart des premiers cadres gabonais, n’étaient pas d’origine gabonaise. Et donc les premiers fortunés de ce pays étaient souvent issus de l’immigration. Tel a toujours été notre système économique et politique. Jusqu’à aujourd’hui.

Deux siècles plus tard, nous n’avons jamais questionné qui que ce soit sur son arbre généalogique. Nous n’avons jamais suscité un débat pollué sur l’identité nationale. Tout de même, nous constatons. Ceux qui ont des noms métissés, c’est-à-dire à cheval entre plusieurs nationalités, sont les plus intransigeants envers les immigrés d’aujourd’hui!

Remarquez bien! Ce sont eux que vous entendez parler « très fort » contre les « étrangers qui s’enrichissent au Gabon »! Ils critiquent l’homme ou la femme dont le père est gabonais et la mère d’origine étrangère!

Mais je dis-hein? Toi-même tu es quoi d’abord?

Le jour que les tests ADN seront autorisés au Gabon, mon Dieu, ça sera fort!

Philippe César Boutimba Dietha

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