Vraies-fausses cartes grises : Autobilan Agréé et la DGTT la main dans le sac…

C’est à la faveur d’un échange avec la presse qu’Emmanuel Marcos Zué Méyé Eyéné, secrétaire permanent de la coordination des entreprises du secteur sécurité dans les transports (CEST) a attiré le directoire de la Direction générale des transports terrestres (DGTT). Au centre de l’échange, la « mafia » observée dans la délivrance des cartes grises automobiles en République Gabonaise. Pour le secrétaire permanent du CEST, « de nombreuses vraies-fausses cartes sont en circulations depuis des années, et ce trafic profite à priori aux responsables de la DGTT ». A-t-il assené. Des révélations qui jettent un lourd discrédit sur ces institutions.

Précieux document pour tout automobiliste, la carte grise semble être, de l’aveu d’Emmanuel Marcos Zué Méyé Eyéné, délivrée dans des conditions les plus obscures et douteuses. La DGTT semble avoir fait de sa délivrance un parfait commerce qui profiterait à une chaîne de responsables mafieux, au sommet de la très influente direction.

Anatole Kabounou, signataire de ces documents, est très clairement mis en cause par le Secrétaire permanent de la CEST. Pour lui, il est absolument inconcevable qu’en 2020, avec toute la technologie qui existe désormais en matière de partage d’informations, l’édition de doublons du précieux document existe toujours dans les immatriculations. Pour lui, cet état de fait ne pourrait être qu’au bénéfice de ceux qui sont aux commandes de l’appareil d’établissements de ces documents.

En fonction depuis 2017, l’ambition d’Anatole Kabounou a été de mettre un terme à l’édition de documents controversés. Il s’agissait d’arrêter la prolifération de vrais-faux documents de transports.

Quelques années seulement plus tard, Anatole Kabounou, aux dires d’Emmanuel Marcos Zué Méyé Eyéné, ferait dans « la préservation de ses intérêts et ceux d’un petit groupe d’individus qui s’enrichissent sur le dos de l’État et des contribuables gabonais ». Des assertions prononcées sans atermoiements.

Un scandale de plus, qui démontre que les doublons dans les cartes grises profiterait à ceux qui sont à la tête de l’administration des transports terrestres. « Pendant que l’Etat gabonais passe son temps à emprunter des fonds à l’étranger pour financer des projets de développement, des groupes d’individus prennent en otages des régies financières au profit de leur boulimie d’enrichissement illicite » a asséné le secrétaire permanent de la CEST. « Comment peut-on admettre que ces gens mettent en péril la sécurité de tout un pays pour leur profit personnel ? » s’est-il interroger.

« Lorsqu’une même immatriculation est attribuée à deux véhicules différents n’est ce pas une source d’insécurité publique ? Lorsqu’une immatriculation certifiée se retrouve sur une carte grise éditée dans un domicile, n’est ce pas là une source d’insécurité publique ? Lorsque le centre de contrôle technique Autobilan Agréé fabrique une plaque d’immatriculation diplomatique et la pause sur un véhicule qui devrait bénéficier d’une immatriculation temporaire, n’est ce pas là aussi une source d’insécurité publique ? A qui profite ce déferlement de faux dans l’édition de cartes grises et de fabrication de plaques d’immatriculation douteuses ?» s’est interrogé Emmanuel Marcos Zue Meye Eyene.

« L’Etat cherche des fonds, et pendant ce temps, Anatole Kabounou, le Directeur Général de la DGTT laisse libre cours à l’usage du faux entre les responsables du centre d’édition de documents de transports et la société Autobilan Agréé » a-t-il déclaré.

Cette énième sortie du secrétaire permanent de la CEST vient s’ajouter au scandale des visites techniques frauduleuses dénoncées par le président du SPTU Serge Bertrand Békalé, qui exige la fermeture du centre Autobilan Agréé pour défaut d’équipements adaptés aux contrôles techniques.

Nonobstant les griefs opposés, le directeur général des transports terrestres s’obstinerait, de l’avis d’Emmanuel Marcos Zué Méyé Eyéné, à maintenir cette société en exercice. Il aurait désavoué les résultats des missions d’inspection de ses collaborateurs, ce depuis que la presse nationale ne cesse de dénoncer l’immobilisme de cette administration.

selon une source, « le directeur général n’est pas là pour fermer ou arrêter les gens dans leurs pratiques, il ne veut pas se mêler des choses des gens. D’ailleurs, il a récemment rassuré le patron d’Autobilan qu’il n’allait pas le fermer ni le mettre en demeure. Il ne fera rien non plus pour arrêter le directeur du centre d’édition de documents Monsieur Mezui dans ses pratiques mafieuses. Monsieur Anatole Kabounou n’a pas le temps de tout ça. Tout ce qu’il trouve à dire aux syndicats et aux agents, cette problématique est du ressort du ministre. Donc, c’est le ministre qu’il faut attaquer. ». Pourtant, si l’on s’en tient au cahier des charges signé entre l’administration et les centres de contrôles techniques, l’article 26 est pourtant explicite.

« L’article 26, point 3 du cahier des charges définit les organes soumis au contrôle technique. Au nombre de ces organes, il y a les plaques d’immatriculation qui constituent un défaut pénalisant pouvant bloquer le processus de l’inspection du véhicule soumis au contrôle technique s’il est constaté une non-conformité dans les caractéristiques d’identification dudit véhicule. C’est-à-dire si le numéro de série du véhicule ne correspond pas à celui qui est sur la carte grise, s’il y a des doutes sur l’authenticité de la carte grise, si le numéro d’immatriculation est déjà attribué à un autre véhicule. Mais pour cela, il faut que le centre soit lié à un réseau de partage de données avec les autres centres et la DGTT. Ce qui n’est visiblement pas le cas du centre Autobilan Agréé » a expliqué le secrétaire permanent.

Un scandale retentissant, dont les responsables de la DGTT ne semblent pas se soucier. Une inaction qui confirme bien leur culpabilité.

Joseph Mundruma

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