Affaire Pizolub: Guy Christian Mavioga, le “chien” à noyer à tout prix

Le microcosme politique gabonais est résolument le lieu de tous les coups bas. Le foisonnement observé depuis quelques heures, des articles de presse contre la personne de Guy Christian Mavioga, administrateur directeur général de Pizolub, constituent une preuve irréfutable. 

Sur cette affaire, désormais largement évoquée dans les salons feutrés de Libreville, mieux encore, dans les résidences cossues de la capitale, il vaut mieux restituer la vérité sans atermoiements. 

D’abord, Pizolub, la principale société d’essence gabonaise, est en grande difficulté financière depuis 2010. 

Pour cause, un endettement de plus de neuf (9) milliards de francs CFA dans sa trésorerie. Un gape injustifié, sur lequel aucune instance publique n’a su jusqu’à aujourd’hui éclairer la lanterne des gabonais. 

Invraisemblablement, Guy Christian Mavioga est présenté devant l’opinion comme l’homme à l’origine de cette importante déroute financière, résultat d’une gestion boulvardière d’une entreprise de l’État. 

Ce qui est loin de corroborer la réalité.

Ensuite, il y a les salaires des agents, sujet crucial et mis en avant pour illustrer l’incompétence supposée de Guy Christian Mavioga. 

Là encore, des non dits subsistent. 

Selon nos sources, Jean Marie Ogandaga, le ministre des finances, aurait signé le décaissement des fonds devant servir à la relance de Pizolub. 

Une décision prise également dans l’intention de désengorger les arriérés de solde accumulés par les agents. 

Ironiquement, des journaux du palais du bord de mer imputent une kyrielle d’actions de mal gestion au patron de Pizolub. 

Une manœuvre qui a pour objectif, c’est certain, la préparation psychologique de l’opinion à l’éviction prochaine de son Administrateur directeur général. 

Le conflit d’intérêts 

Pour comprendre la manoeuvre, il faut aller au fond des choses. 

Dans la stratégie de développement et de positionnement de cette entreprise de l’État, Guy Christian Mavioga avait pensé à l’obtention d’une certification pour la production de ses huiles (lubrifiants) auprès d’un leader mondial. 

Des produits qu’il ambitionnait revendre aux grands marketeurs tels SETRAG, Total Gabon et bien d’autres, dont il produisait déjà les huiles, parceque seuls détenteurs de licences. 

Face à un scénario où Pizolub était parti pour avoir le monopole sur la production des huiles, les intérêts financiers de quelques actionnaires des compagnies précitées apparaissaient menacés. 

Dès lors, Guy Christian Mavioga est devenu le “chien” à noyer à tout prix parceque trop ambitieux et gênant sur bien des dossiers. 

Mieux, sa nomination au poste d’Administrateur directeur général de Pizolub,  jadis chasse gardée des omiéné originaires de la capitale économique, est loin d’être digérée. 

Complot 

L’éviction de l’ADG de Pizolub n’est plus une option. Aujourd’hui, c’est devenu une nécessité. 

Selon une source digne de foi, Guy Christian Mavioga devient gênant pour la survie des intérêts de certains. 

L’évocation de son épouse ou de son fils comme salariés de Pizolub est une digression. Un propos hors de sens quand on sait le népotisme ambiant dans les administrations publiques du pays. 

Qu’il s’agisse d’individus ou même du chef de l’Etat, au Gabon, c’est une coutume. 

Le cas Guy Christian Mavioga est loin d’être une révélation. 

Joseph Mundruma

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