Covid-19/Gabon: Quel en sera le bilan ?

S’ils étaient nombreux à porter au firmament leur jubilation, peu après la nomination le 16 juillet 2020 de Rose Christiane Ossouka Raponda comme première femme premier ministre dans notre pays, plus nombreux aujourd’hui sont ces compatriotes qui déchantent. 

La nomination d’une femme à ce haut niveau de responsabilité n’a absolument été d’aucun intérêt. Pourtant, beaucoup avait pensé que le genre pourrait pourquoi pas, influer dans la prise de décisions. Qu’une femme, ça avait dû cœur, contrairement aux hommes. Qu’une femme, ça pouvait faire tout autant que les hommes, sinon plus. Cette considération, loin d’être machiste, s’est aussi, telle une ombre chinoise, évanouie avant même d’avoir pu faire chemin. 

Les populations, qui n’ont du reste qu’une vague compréhension de la politique à la gabonaise ont été emportées à leur corps défendant, dans une sorte de duperie de mauvais goût. 

Sans tergiverser, évoquons seulement l’épineuse problématique qu’engendre les nouvelles mesures sanitaires en vigueur depuis le début de la crise chez nous. 

Après un peu plus d’un an d’enfer, les gabonais, au bord de l’épuisement, brûlent désormais dans les flammes. 

Toutes les décisions de la remplaçante de Julien Nkoghe Bekale, prises récemment, ont fini par détruire les populations, les enfonçant chaque jour un peu plus dans la tombe. 

La paupérisation des Gabonais dits économiquement faibles (GEF) a atteint son point culminant, sans que la cheffe du gouvernement ne s’en émeuve. 

La gestion de la crise sanitaire, si tant est qu’elle existe, ne se réduit pas qu’à l’adoption de mesures qui, à l’observation, paraissent en totale inadéquation avec la réalité sociétale. Bien au contraire, il s’agit aussi d’apporter un soutient aux populations, gabonais d’origine ou d’adoption, déjà fortement éprouvées dans leur chair et donc dans leur dignité. 

Un gouvernement qui prétend oeuvrer au bien être des classes les plus fragiles, se démarque par des actions concrètes. L’on ne saurait exiger à un défavorisé de se barricader, se confiner et ne rien entreprendre, sans être en mesure d’apporter à ce dernier une juste compensation. 

C’est en cela que le gouvernement Ossouka Raponda manque de réalisme et d’humanisme. Nonobstant les cris, il continue de maintenir la pression sur les plus faibles, les plus fragiles, définitivement proches de l’implosion. 

À la fin de son mandat, probablement après l’éradication de la pandémie, l’histoire etiquettera le passage de la première femme à la tête de la primature du Gabon comme la période la plus sombre de notre pays, après le coup d’état de 1964.

Joseph Mundruma

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Suivez-nous sur Facebook!