Gabon : Une femme comme Premier Ministre ?

Depuis quelques temps, des rumeurs circulent et font état de la mise en place (bientôt) d’un nouveau gouvernement que de nombre pans de la société souhaitent d’ailleurs. À la raison que l’actuel a montré ses limites avec la gestion abracadabrante de l’état d’urgence et de la crise sanitaire. Et de cette éventualité, on parle de l’arrivée d’une femme à la Primature.’, pour succéder à Julien Nkoghé Bekale.

Du coup, chacun y va de son commentaire. Pourtant, reconnaissons-le, des femmes intellectuelles, le Gabon en compte. Mais sont-elles aussi capables (loin de nous l’idée d’être mysogines) de relever les défis économiques actuels et qui se pointent à l’horizon post-coronavirus ? Dans un pays où l’on aime faire le buzz, même lorsque les circonstances ne s’y prêtent pas, cette éventualité, si elle était vraiment nourrie dans les écuries décisionnelles, serait l’estocade qui scellera définitivement le divorce, entamé depuis, entre le peuple et ses dirigeants. Car la population prendra cela comme une farce de trop et de très mauvais goût. Surtout au moment où l’économie nationale est au creux de la vague. Contrariée davantage par une crise sanitaire qui persiste, et qui a eu le mérite d’étaler les limites des uns et des autres dans la gestion de leurs départements ministériels respectifs.

Une femme à la Primature, l’option ne sied pas pour le moment. Car une femme de poigne, capable de redresser une économie exangue, le Gabon n’en dénombre pas vraiment. En dépit des profils qui peuvent paraître parfois intéressants. Tant celles que nous connaissons, même au niveau du gouvernement, comptables parmi les comptables du contexte présent du pays, aucune ne saurait faire l’affaire. Les années déjà passées dans les starting-blocks du gouvernement ont suffi de convaincre l’opinion observatrice de leurs limites, et de celles qu’elles ne pourront jamais franchir même une fois à la Primature.

Dans la situation actuelle, celle qui appelle un redressement urgent des pans entiers de notre économie, plutôt que de chercher à faire le buzz, les autorités dirigeantes trouveraient, au mieux, à rassurer le peuple en lui trouvant des hommes intègres et de poigne à même d’assurer à notre pays un nouvel envol économique. La politique est certes comme un jeu des quilles. La réalité n’obéissant que très rarement à la logique. Mais pour une fois, l’on peut bien se départir des schémas hasardeux et trop politisés. L’ embellie recherchée de notre économique est à ce prix. Et l’on pourra donner un contenu rassurant aux préoccupations des populations. Pour y arriver, il faudra, au mieux, que le futur “PM” sorte du moule des Financires rompus. Un qui connaisse parfaitement les rouages et le monde de la finance pour nous ouvrir facilement les portes des institutions internationales et nous obtenir des marchés.

Dans ce registre, Régis Immongault aurait fait l’affaire, mais l’ironie du sort veut qu’il soit le ” Monsieur dettes du Gabon”. Pour autant, des cadres aussi talentueux que lui ou mieux, le Gabon en compte. Y compris même parmi certains anciens ministres financiers, indiscutablement très brillants, qui feraient bien l’affaire au “2 Décembre”.

Le président de la République, pas satisfait de la manière dont le gouvernement a géré l’état d’urgence et gère actuellement la crise liée au Covid-19, peut trouver à redire, et remanier s’il veut et nous trouver la “perle rare”. Mais une femme à la Primature, même pour le buzz… c’est vraiment pas l’idéal et pas le moment indiqué.

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