Présidentielles 2023: ODJ, l’homme providentiel ?

Lorsqu’il fait le déplacement pour Franceville, dans le sud-est du Gabon, Omar Denis Junior Bongo Ondimba dit ODJ, est accueilli telle une rockstar. Les populations le connaissent bien et sont particulièrement accoutumées à sa présence. À Libreville et dans la presque totalité des provinces du Gabon, les avis convergent. Le rejeton d’Omar Bongo Ondimba, président gabonais disparu en 2008, fait forte impression. Ils sont désormais nombreux à voir dans le fils du successeur de Léon Mba, la solution adéquate et inattendue qui permettrait, si bien usitée, de mettre hors-circuit le pouvoir d’Ali Bongo Ondimba, définitivement contesté.

Le Gabon est loin d’être un royaume. Les Bongo ne sont pas les plus à même de présider aux destinées des gabonais, d’autres compatriotes le pourraient, peut-être avec plus de brio. C’est entendu. Mais les populations, outrancièrement précarisées depuis ces dernières années, font depuis preuve d’un profond réalisme. Elles savent désormais considérer les forces en présence.

Bienque déclaré grand vainqueur des scrutins d’août 2009 et 2016, la société civile, la classe politique de l’opposition, des analystes du microcosme politique gabonais et certains acteurs de la vie publique française, tels Manuel Valls, Jean Luc Mélenchon, Joe Leinnen, constituant à ce jour les exemples les plus éloquents, n’ont pas manqué de contester les victoires supposées.

D’ailleurs, les incrustations de stigmates du dernier scrutin, celui de 2016, étant encore bien perceptibles.

Nonobstant la pression politique exercée sur le pouvoir, Jean Ping, donné pourtant grand vainqueur , a vite compris toute la difficulté qu’il y a à combattre “le système”.

Ainsi, l’essoufflement constaté au sein de ses troupes trouve son explication.

Ces années dernières, les gabonais n’ont cessé d’émettre des hypothèses, la problématique majeure étant : Comment venir à bout de ce système ?

De leurs analyses, les plus plausibles seraient : par l’implosion du système lui-même d’une part; par l’acceptation d’un autre Bongo Ondimba, d’autre part ; cette fois-ci plus humain, plus compétent et donc capable d’impulser le développement toujours absent.

C’est de ces points de vues qu’une candidature d’ODJ est très vivement souhaitée. La révolution , le changement de paradigmes pourraient venir par lui.

ODJ a tout pour remporter les suffrages des gabonais. En plus d’être le fils dernier né (officiel) d’Omar Bongo Ondimba, il est, du point de vue de la symétrie des formes, conforme à son paternel, à l’exception de la taille. Il est fortement attaché à la terre de ses ancêtres, proche des siens et a le charisme d’un grand leader.

Toujours marqué par l’ère Omar Bongo Ondimba, les populations, qui regrettent encore la disparition de l’ancien président, voient en ODJ le possible retour à cette politique qui a longtemps fait du Gabon ce pays d’Afrique à la dignité exempt de toute souillures, de toute écorchures.

Sur sa page Facebook officielle, contestant lui aussi les mesures restrictives jugées “suicidaires” du gouvernement gabonais, ODJ n’a pas manqué d’exprimer ostensiblement son soutien aux populations. Une position qui a davantage conquis.

Par Stive Roméo Makanga

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Suivez-nous sur Facebook!