Réouverture des églises : Le black-out de Gabon première sur les évènements du 25 octobre

Le service public a une fois de plus manqué à un devoir très crucial, celui d’informer les populations. Pourtant fortement commentés par l’opinion, les heurts survenus dimanche 25 octobre dernier entre l’Eglise catholique et les forces de l’ordre ont été « volontairement » tus par Gabon première, la télévision nationale. Musellement ou désintéressement sur un fait majeur de l’actualité ? Les interrogations foisonnent.

Sur les réseaux sociaux, déferlent en grand nombre des images inédites. On y voit des prélats aux prises avec des agents des forces de l’ordre, muent par une ferme volonté de les empêcher de célébrer le culte dominicale.

La veille, sur les ondes d’une antenne locale, Mgr Jean Vincent Ondo Eyené, de la cathédrale Saint Charles Lwanga d’Oyem, dans le nord du Gabon, invitait les fidèles (catholiques), à prendre part à la messe, dès 7 heures, balayant d’un revers de la main les intimidations du gouvernement.

Un appel entendu, puisque très tôt au matin, les chrétiens répondaient en grand nombre à l’invitation de l’homme de Dieu.

A Libreville, même scénario pour les habitués de la cathédrale Sainte Marie. Idem pour l’ensemble des paroisses à l’intérieure du pays.

Une radicalisation qui a débouché sur des échauffourées, même si minimes.

Sur le service public, black out incompréhensible sur ces faits tant majeurs qu’inédits. « Pourquoi Gabon première n’a-t-il pas informé les populations sur ce qui se passe dans le pays ? Quand ça ne va pas il faut le montrer. Pourquoi ce silence ? » s’interroge Généviève Angue, catholique pratiquante.

Pour Urbain Moussavou, même constat : « La chaîne nationale n’a pas relayé ces informations. C’est triste ! Jusqu’à quand ? » s’interroge-t-il, avant de faire observer : « D’ailleurs, nous nous en fichons. Aujourd’hui, nous sommes à l’heure du numérique, tout est sur les réseaux sociaux. On ne peut plus rien camoufler et cette position est juste ridicule ».  

Jugée aux ordres du pouvoir, ce ne sera pas la première fois que Gabon première fasse l’incompréhensible choix d’éluder des faits majeurs d’actualité.

Dernier en date, l’interpellation et l’incarcération de Léandre Nzué, le maire de Libreville, pris dans un retentissant scandale financier.  

Agnès Limori

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