Voeux de nouvel an : DDM pointe le sous développement du Gabon après 60 ans d’indépendance

Dans son discours de présentation des vœux pour le compte de la nouvelle année, Dieudonné Minlama Mintogo, le président d’Ensemble pour  la République ( EPR) a fait l’autopsie de tout. Face aux besoins primaires des populations, jusqu’ici non atteints, à la révision de la Constitution déjà actée par les deux chambres du parlement, il invite Ali Bongo Ondimba à procéder à une réévaluation.

Ci-dessus, l’entier discours à la nation.

Discours de présentation des vœux 2021 du Président Dieudonné Minlama Mintogo

” Mesdames et Messieurs,
Gabonaises et Gabonais,
Mes Chers compatriotes,

Le 17 août dernier, notre pays a fêté ses soixante (60) années d’indépendance, et cette année 2020 est aussi la trentième année de notre deuxième ère multipartiste.
Lors de mon adresse à la nation pour commémorer ce double anniversaires, j’avais appelé chaque Gabonaise et Chaque Gabonais à la méditation, à la réflexion, au bilan et à la définition de nouveaux objectifs, de nouveaux horizons pour chacun de nous, pour nos familles et à l’adoption d’un nouvel Etat pour notre pays.

Je voudrai aujourd’hui parler de notre pays.
Qu’avons-nous fait de ce pays en soixante années d’indépendance ?

• Certes nous pouvons épiloguer dessus des jours et mois durant, mais pour nous éviter cet exercice périlleux, permettez-moi d’emprunter au feu Président Omar BONGO ONDIMBA la conclusion de son dernier discours de présentation des vœux au Peuple gabonais, je cite « Mon intime conviction est que notre pays mérite mieux et que chacun de nous mérite mieux, […] si chaque dix francs affectés pour la construction des routes avait réellement été utilisés à ce sujet nous aurions le meilleur réseau routier d’Afrique[…] Dieu ne nous a pas permis de faire du Gabon ce que nous sommes en train d’en faire … ».

Mes Chers compatriotes vous le voyez, à elles seules, ces trois phrases résument le bilan de nos soixante années d’indépendance. Je dis soixante (60) ans, parce que les deux mandats du Président Ali BONGO ONDIMBA malgré, des avancées enregistrées dans le domaine des infrastructures et de la diversification de l’économie, sont aussi plombés par la corruption et le détournement des deniers publics. Ce n’est ni l’opération Mamba, ni l’opération Scorpion ou encore moins la Task Force qui me démentiraient.

Mesdames et Messieurs,
Gabonaises et Gabonais,
Mes Chers compatriotes,

Au moment où nous allons rentrer dans un nouveau cycle de vie pour notre pays, il est plus qu’urgent que les dirigeants consacrent et orientent toutes nos ressources au développement du pays et au bien-être de nos concitoyens.
Il est urgent de mettre un terme au gaspillage et à l’impunité.
Il est urgent de mettre en place un système de gouvernement et de gouvernance adapté à nos ambitions de développement et à la consolidation de notre vivre-ensemble.

En effet, pour se développer et donner une chance d’épanouissement à chaque Gabonaise et à chaque Gabonais, notre pays a besoin de stabilité, de sérénité, de cohésion et de justice sociale.

Pour y arriver, j’invite le Président de la République à procéder à une évaluation, sans complaisance de notre Constitution et de notre système de gouvernance et d’en tirer les conséquences afin d’entreprendre les réformes profondes et audacieuses dans le but d’accélérer le développement, et de répondre efficacement aux sollicitations de nos compatriotes en matière de bien-être.
Quant à moi, je reste convaincu que notre Constitution et notre Système de Gouvernance actuels comportent en eux les germes de conflits, de blocage, d’instabilité et d’inefficacité. En dehors de la régulation faite par le parlement sur la gestion d’une éventuelle vacance de pouvoir, plusieurs interrogations et lacunes se font observer.

Quid de la gestion efficace d’une éventuelle cohabitation ? Quid de l’instabilité gouvernementale ? Quid de l’inefficacité des gouvernements ? Quid du retard accusé en infrastructures et services sociaux de base des provinces et des zones rurales ? Quid de l’overdose institutionnelle ? Quid de l’inefficacité des Conseils Communaux et départementaux de l’arrière-pays ? Quid de la décentralisation? ….

Autant d’interrogations qui m’amènent à formuler les propositions suivantes :

1. L’élection en ticket du Président et de son Vice-Président afin de régler une bonne fois pour toute la question de l’intérim et de la succession en cas d’indisponibilité du Président de la République;
2. La suppression du poste de Premier Ministre en laissant au Président de la République outre ses fonctions de Chef de l’Etat, la charge de diriger le Gouvernement. Cette réforme a pour objectifs (1°) de mettre un terme au bicéphalisme qui existe actuellement à la tête de l’Etat et permettre au Président et à son Vice-Président d’impacter directement l’action du gouvernement en étant seuls comptables devant le peuple et le Parlement de la mise en œuvre de leur projet de société, afin (2°) d’éviter à notre pays l’expérience douloureuse d’une cohabitation;
(3°) La mise en place d’une véritable décentralisation administrative et politique, avec l’érection de 5 grandes régions dirigées par un gouvernement local et un parlement local, issus des élections à la proportionnelle;
(4°) la suppression de toutes les institutions contre-productives et inutiles au renforcement de la démocratie et au développement du pays et des territoires.

Enfin, conscient de l’impérieuse nécessité d’une véritable réconciliation nationale, je reste attaché à l’idée de la mise en place d’une Commission Vérité Pardon et Réconciliation, chargée de solder notre passif, de soigner les plaies, de réparer les injustices et jeter les bases d’une nation unie et solidaire. L’exemple de l’Afrique du Sud, nous montre à suffisance, que c’est seulement sur des grands Consensus que l’on bâtit des Grandes Nations fortes et Unies.
Le Consensus est sacré, durable et pacifique.

Mesdames et Messieurs,
Gabonaises et Gabonais,
Mes Chers compatriotes,

Je sais combien c’est difficile d’arpenter le chemin que j’indique, à travers ces quelques propositions, mais pour l’amour de notre pays, pour l’avenir de nos enfants, nous devons nous faire violence. Nous devons nous armer de courage, de sagesse et de tolérance. Cette voie constitue à mes yeux la seule issue pacifique et constructive à la situation actuelle.

Mes chers compatriotes, l’actualité politique ne doit pas occulter la situation, économique, sociale, sanitaire, engendrée par la Covid-19. 2020 a été une année difficile avec la mise en place de l’état d’urgence sanitaire qui a fragilisé notre économie et accentué davantage la pauvreté.”

Dieudonné MINLAMA MINTOGO ,Président de Ensemble Pour la République.

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