Nicolas Bounounou face au tribunal de l’opinion : quand un directeur général oublie que l’État n’est pas son patrimoine
Par Davy James
Il y a des moments où le silence devient une faute.
Selon le Syndicat National des Agents (de la Culture), ce qui se joue autour du bâtiment rénové par la Première Dame Zita Oligui Nguema n’est pas une simple querelle administrative, mais un symptôme corrosif : la dérive d’un responsable public qui aurait confondu autorité et appropriation, fonction et propriété, mandat et pouvoir personnel.

Et face aux accusations du SYNAPEC, l’opinion a le droit — et même le devoir — de poser la question :
où commence le service de l’État, et où s’arrête l’ego d’un homme ?
Quand un bâtiment public devient, selon le SYNAPEC, un territoire “réquisitionné” par un seul homme
Pendant plus de 60 ans, ce bâtiment fut un lieu partagé, une cohabitation exemplaire entre deux administrations.
Mais pour les agents de la Culture, tout aurait basculé dès la réhabilitation de juillet 2025.
Le SYNAPEC accuse Nicolas Bounounou d’avoir : saisi les clés, verrouillé les espaces, éjecté les agents historiques, et imposé sa présence comme une mainmise totale, sans décision officielle, sans concertation, sans respect.
Dans le tribunal de l’opinion, cela ressemble à quoi ?
À une prise de contrôle sauvage, à une annexion symbolique, à un geste qui dit : “Ce bâtiment, désormais, c’est chez moi.”
“J’ai un parapluie au sommet de l’État” : le genre de phrase qui allume un incendie
Le SYNAPEC rapporte ces propos, attribués à Nicolas Bounounou, comme une provocation à peine croyable.
Et si ces paroles ont réellement été prononcées, alors elles relèvent d’un mépris flagrant de l’esprit républicain.
Parce qu’un responsable public qui se vante d’être “couvert au sommet de l’État”, ce n’est plus de l’arrogance :
c’est une gifle au visage de l’administration, de la loi, et des citoyens.
Le SYNAPEC y voit la preuve d’un comportement hors contrôle, d’un homme persuadé d’être intouchable, au point d’oublier que personne, dans un État digne de ce nom, n’est au-dessus des règles.
Les agents de la Culture ont tiré toutes les sonnettes d’alarme. Forces de l’ordre, renseignements, Présidence.
Aujourd’hui, ils réclament un acte clair, un rappel à l’ordre, une restauration de la légalité.
Et dans ce tribunal symbolique qu’est l’opinion publique, une vérité s’impose :
le silence des autorités serait perçu comme une validation tacite.
Le SYNAPEC ne joue plus les diplomates.
Il donne 7 jours. Pas huit. Pas dix. Sept.
Passé ce délai, il promet des actions “musclées”, “radicales”, “inévitables”.
Cet ultimatum sonne comme un verdict provisoire :
si l’État n’agit pas, alors l’État perd.
Ce dossier dépasse de loin le seul nom de Nicolas Bounounou.
Il pose une question cruciale :
Que vaut une administration où un seul homme peut être accusé — même temporairement — de s’emparer d’un édifice public comme d’un bien privé ?
Ce qu’il attend maintenant, ce n’est pas un discours.
C’est une décision.
Et ce que chacun retiendra, ce n’est pas ce que Nicolas Bounounou dira.
C’est ce que l’État fera.



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