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Le Gabon tourne la page et ouvre grand ses portes

Par Jimmy Mandoukou

La capitale de la République gabonaise a vibré ces derniers jours au rythme d’une diplomatie renouvelée. Entre la visite d’Emmanuel Macron et le sommet Union européenne-Union africaine de Luanda, le président gabonais multiplie les signaux d’une ambition claire : repositionner son pays comme un acteur incontournable, tant sur l’échiquier continental qu’international.

Ce jeudi 28 novembre, Théophane Nzame-Nze Biyoghe, porte-parole de la présidence, a livré un message sans équivoque lors d’une conférence de presse. Le Gabon ne veut plus être un simple fournisseur de matières premières, ni un partenaire de second rang. Il entend désormais négocier d’égal à égal, transformer localement ses richesses et construire son développement sur ses propres termes.

Une vue de l’assistance

La récente visite du président français illustre parfaitement ce changement de ton. Fini le temps des relations verticales héritées d’un autre siècle. Les deux chefs d’État ont posé les jalons d’un partenariat fondé sur le respect mutuel et l’égalité entre États souverains. Au menu des discussions : sécurité maritime dans le golfe de Guinée, attractivité économique, transition énergétique et modernisation des infrastructures. Des sujets concrets, loin des discours convenus.

Le geste le plus symbolique reste sans doute la signature du protocole d’accord pour moderniser le Transgabonais, cette colonne vertébrale ferroviaire du pays. Un financement conjoint AFD-Union européenne qui permettra d’améliorer le transport des marchandises et de renforcer la compétitivité économique. Les deux présidents ont également arpenté les chantiers du Grand Libreville, de la Cité de la démocratie à la Baie des Rois, en passant par l’Institut français rénové. Autant de projets visibles qui témoignent d’une volonté d’investir dans le quotidien des Gabonais.

À Luanda, le chef de l’État gabonais n’a pas mâché ses mots. Il a plaidé pour un multilatéralisme réformé où l’Afrique ne serait plus reléguée en marge des décisions mondiales. Il a dénoncé avec fermeté le trafic d’armes qui gangrène le continent et présenté la transition gabonaise comme un modèle de stabilité institutionnelle. En marge du sommet, plusieurs entretiens bilatéraux ont confirmé cette renaissance diplomatique d’un pays longtemps resté dans l’ombre.

Mais c’est sur le terrain économique que le président gabonais trace ses lignes rouges. La transformation locale du manganèse est désormais un principe non négociable. Le groupe Eramet, principal exploitant, est attendu au tournant : développer des unités industrielles sur place, créer des emplois qualifiés et participer pleinement à la souveraineté économique du pays. Parallèlement, les discussions avec le groupe Portéo sur l’aménagement de l’axe Alembe-Niboui et la construction d’un centre de données national s’inscrivent dans cette même logique de modernisation et d’autonomie technologique.

Le message est limpide. Le Gabon veut devenir acteur de sa propre industrialisation, transformer ses ressources localement et créer des chaînes de valeur régionales génératrices d’emplois et de prospérité. Une ambition portée par le plan national de croissance et de développement 2026-2030, feuille de route d’un pays qui refuse désormais de choisir entre dignité et développement.

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