Panthères du Gabon : la colère du peuple, mais aussi une dette morale envers les joueurs.
Par Ange Mba
La mauvaise gouvernance et les comportements défaillants qui gangrènent les instances du football gabonais continuent de produire des conséquences lourdes. Après les résultats décevants des Panthères du Gabon à la CAN TotalEnergies Maroc 2025, la colère du peuple gabonais est compréhensible.
L’équipe nationale a manqué de performance, de régularité et parfois d’engagement visible sur le terrain.
De nombreux supporters pointent du doigt certains joueurs accusés de ne pas progresser en sélection, de manquer de forme physique et d’esprit patriotique envers le vert, jaune et bleu. Cette frustration est également légitime. Le peuple gabonais attend une équipe conquérante, disciplinée et fière de défendre le drapeau national.
Cependant, une réalité trop souvent ignorée mérite d’être rappelée. Ces joueurs consentent depuis plusieurs années d’énormes sacrifices pour répondre aux convocations de la sélection nationale, dans un climat d’incertitude financière devenu presque chronique. Les primes de regroupement et de match restent régulièrement impayées, ce qui crée un malaise profond au sein de l’équipe.
Déjà avant la rencontre face au Cameroun, les joueurs avaient officiellement soulevé ce problème. À ce jour, les primes demeurent impayées. Cette situation n’est malheureusement pas nouvelle. Elle rappelle l’épisode douloureux de 2011, lorsque les champions d’Afrique U23, vainqueurs de la CAN face au pays hôte, le Maroc, n’ont jamais perçu les primes promises, malgré l’exploit historique qui avait rendu tout un peuple fier.
Ces faits posent une question fondamentale a savoir, que se passe-t-il réellement dans la gestion du football gabonais ? Comment exiger engagement, patriotisme et résultats lorsque les engagements financiers ne sont pas respectés ?
Critiquer les Panthères est un droit. Mais respecter ceux qui portent le maillot national est un devoir. Tant que cette injustice structurelle persistera, le malaise continuera de gangrener la sélection.
Il est urgent d’assainir la gestion, de régulariser les primes et de restaurer un cadre sain et respectueux pour que plus jamais de tels manquements ne se reproduisent.



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