Fegafoot : la purge est inévitable
Par Ange Mba
La sortie prématurée des Panthères du Gabon à la CAN TotalEnergies Maroc 2025 a agi comme un véritable électrochoc national.
Bien plus qu’un simple échec sportif, cette élimination a mis à nu les profondes failles structurelles, managériales et morales qui gangrènent le football gabonais depuis plusieurs années.
Dans la foulée, l’éviction de l’ancien ministre des Sports, suivie de la suspension de l’équipe nationale pour insuffisance de résultats, manque de patriotisme et absence de vision stratégique, est venue confirmer ce que de nombreux observateurs dénonçaient déjà, le football gabonais souffre moins d’un problème de talent que d’un grave soucis de gouvernance.
La nomination de Paul Ulrich Kessany, ancien capitaine des Panthères et proche collaborateur du Chef de l’État, marque un tournant décisif. Ce choix traduit une volonté politique claire celui, de remettre les hommes de terrain, porteurs de valeurs, au cœur du système. Kessany incarne l’espoir d’une rupture avec les pratiques qui ont plongé notre football dans l’impasse.
À quelques mois de l’élection à la tête de la Fédération Gabonaise de Football (FEGAFOOT), une question cruciale s’impose : qui devra véritablement diriger cette institution stratégique ?
L’actuel président, Pierre Alain Mounguengui, également ministre sortant, apparaît aujourd’hui plus que jamais fragilisé.
Avec bilan lourd de conséquences dans l’absence de politique de formation, gestion opaque, conflits récurrents avec les joueurs, instabilité chronique des sélections, chute drastique du niveau compétitif et, surtout, de nombreux scandales liés aux affaires de pédocriminalité dans le football local auxquelles il a été mêlé.
Le football gabonais n’a pas seulement besoin d’un nouveau président.
Il a besoin d’un nouveau projet, d’un nouveau leadership et surtout d’une nouvelle éthique.
Le futur président de la fédération gabonaise de Football (FEGAFOOT) doit être :
– Un bâtisseur, et non un politicien
– Un homme de terrain, enraciné dans le football réel
– Un leader, capable d’écouter les clubs, joueurs et supporters
– Un porteur d’un véritable plan national de développement
– Un gestionnaire transparent, respectueux des textes et des finances
– Un patriote, plaçant son intérêt du drapeau au-dessus des intérêts personnels.
Il ne s’agit plus de gérer l’urgence, mais de reconstruire un système académies, championnats locaux, arbitrage, infrastructures, formation des entraîneurs, suivi psychologique des joueurs.
Avec Paul Ulrich Kessany à la tête du ministère des Sports, un vent nouveau souffle.
L’État semble enfin décidé à mettre fin à la complaisance et aux arrangements internes qui perdurent depuis trop longtemps. Si cette dynamique est maintenue, l’élection du futur président de la FEGAFOOT peut devenir le point de départ d’une renaissance historique.
Le public gabonais ne réclame pas des promesses.
Il réclame des actes, de la compétence et de la vision. Car le football n’est pas qu’un jeu, c’est une identité.
Et cette identité mérite d’être sauvée.



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