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Crise à la FEGABOXE : cinq ligues réclament la tête de Bonaventure Nzigou Manfoumbi, le président ‎

Par Ange Mba 

‎Ce qui a longtemps fait les beaux jours de la boxe Gabonaise n’est aujourd’hui plus que l’ombre de lui-même. Autrefois véritable vivier du sport national et tremplin vers l’international, la discipline traverse désormais une crise profonde, marquée par l’inactivité, des tensions institutionnelles et de graves contestations sur la légalité de la gouvernance fédérale.

‎Depuis plus de deux ans, la Fédération Gabonaise de Boxe (FEGABOXE) n’a organisé aucune compétition nationale. Une situation qui plonge athlètes, encadreurs et ligues provinciales dans l’incompréhension totale. Pour beaucoup d’acteurs du milieu, la fédération est devenue « inexistante » sur le terrain sportif, alors que la boxe reste un sport structurant et porteur d’espoir pour la jeunesse.

‎Face à cette paralysie, une Assemblée Générale Extraordinaire s’est tenue le 31 janvier 2026 au gymnase d’Oloumi, avec la participation de 5 ligues sur les 8 que compte le pays. Objectif, désavouer le président Bonaventure Nzigou Manfoumbi et exiger son départ, estimant qu’il porte la responsabilité directe du sommeil prolongé des activités de la boxe nationale.

‎Autour d’Alain Otha, président de la Ligue de boxe de l’Estuaire, plusieurs responsables provinciaux notamment ceux du Moyen-Ogooué, d’Oyem et de l’Ogooué-Lolo ont dénoncé une gestion jugée opaque, inefficace et contraire aux textes. Tous ont officiellement demandé la démission du président fédéral et appelé le ministère des Sports à se saisir urgemment du dossier.

‎Au-delà de l’inactivité sportive, c’est surtout la question de la légalité qui alimente la colère des ligues. Les contestataires accusent le président de la fédération de nommer de nouveaux présidents de ligues pour remplacer ceux qui ne lui sont plus favorables, alors que ces derniers ont été légalement élus lors d’assemblées générales électives reconnues.

‎Les ligues frondeuses affirment détenir des mandats délivrés par les directions provinciales des Sports, des procès-verbaux d’assemblées générales électives, ainsi que les comptes rendus officiels de leurs AG.

‎Elles s’interrogent donc sur quelle base juridique la fédération peut-elle désigner des responsables en lieu et place de dirigeants élus ? Une pratique qui, si elle est avérée, constituerait une violation des statuts fédéraux et des principes démocratiques régissant les associations sportives au gabon.

‎Cette situation met directement le ministère des Sports face à ses responsabilités. Alors que les autorités prônent régulièrement le respect des textes, de la légalité et de la bonne gouvernance dans les fédérations sportives, la crise de la boxe apparaît comme un test grandeur nature.

‎Pour les observateurs, laisser perdurer cette situation reviendrait à cautionner ‎la paralysie d’une discipline historique, ‎la mise à l’écart d’organes élus, et une gouvernance contestée par la majorité des ligues actives.

‎La boxe, souvent appelée le « noble art », a longtemps été une fierté pour le Gabon. Elle a formé des champions, structuré des générations et servi d’outil d’insertion sociale. Aujourd’hui, elle est otage de querelles administratives et d’un vide organisationnel qui pénalise en premier lieu les athlètes.

‎Sans compétitions, sans visibilité et sans cadre stable, la relève est en danger.

‎Les ligues contestataires espèrent désormais une médiation rapide du ministère afin de rétablir la légalité, clarifier les responsabilités et relancer les activités. Car au-delà des personnes, c’est l’avenir de la boxe gabonaise qui se joue.

‎La question n’est plus seulement institutionnelle, elle est sportive, sociale et nationale.

‎Nous y reviendrons !

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