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FEGAFOOT : Pierre Alain Mounguengui gère une institution sans papiers…à jour ?

Par Ange Mba

‎La série d’audiences initiées par le ministère des Sports s’est poursuivie ce 2 février 2026 avec la réception du président de la Fédération gabonaise de football (FEGAFOOT), Pierre-Alain Mounguengui. Comme pour d’autres fédérations, l’objectif était de présenter le fonctionnement de l’institution et sa situation administrative. Mais les échanges ont surtout mis en lumière de profondes zones d’ombres.

‎Il ressort de cette séance que la FEGAFOOT ne serait pas à jour de son agrément technique, ni de son récépissé provisoire, deux documents essentiels à la légalité de toute fédération sportive. Une révélation difficile à admettre, d’autant plus que des assemblées générales électives sont régulièrement organisées. Plusieurs présidents de ligues régionales se trouveraient également dans la même situation irrégulière.

‎Dès lors, une interrogation majeure s’impose. Sur quelle base juridique et administrative ces responsables ont-ils été élus ? Le constat évoqué est celui d’un non-respect manifeste des textes, avec, selon certaines observations, une forme de tolérance de la part de certains acteurs administratifs notamment la direction générale des sports présents lors des processus électoraux.

‎Le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, se serait montré très surpris par les déclarations du président de la FEGAFOOT, laissant transparaître la gravité d’une fédération qui fonctionnerait dans une situation proche de l’illégalité administrative. Cet énième épisode relance le débat sur la conformité et la structuration du football gabonais, déjà fragilisé par des difficultés financières liées aux subventions des fédérations sportives.

Une vue du tour de table 

‎Pourtant, malgré ces manquements, la FEGAFOOT continue d’organiser des compétitions tels que : le tournois U15 et U17 (hommes et femmes), championnat de D3 et montées en D2. Des projets d’infrastructures sont également mis en avant celui de la construction de sièges de ligues, travaux au centre technique de Bikélé avec un futur amphithéâtre, et projet de centre de formation de la VAR.

‎Mais une autre question reste en suspens notamment, quelle est réellement la contribution de la FIFA et de la CAF au développement du football gabonais ? Sur la traçabilité des financements liés aux rencontres internationales, les réponses du président de la FEGAFOOT ont été jugées approximatives.

‎Les questions de gouvernance, mais aussi de mœurs, ont été évoquées, sans arguments jugés convaincants. Le sentiment général qui se dégage est celui d’un véritable capharnaüm dans la gestion du football gabonais.

‎Face à cette situation, le ministre a appelé les dirigeants sportifs à ne pas se braquer, mais à s’inscrire dans une dynamique de réformes et de restructuration, fondée sur la concertation. Le redressement du football national est annoncé, mais il passera nécessairement par la transparence et le strict respect des textes.

‎À noter qu’au sortir de l’audience, Pierre-Alain Mounguengui a refusé de répondre aux questions de la presse.

‎Le renouveau du football gabonais est annoncé, mais il devra d’abord reposer sur des bases administratives saines.

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