La FETRAG exige des garanties avant tout nouvel effort des travailleurs
Par Jimmy Mandoukou
La Fédération des travailleurs du Gabon (FETRAG) a tenu une conférence de presse ce jeudi 12 février à l’Espace PME PMI d’Awendje pour clarifier sa position sur plusieurs dossiers brûlants qui agitent le monde du travail gabonais. Face aux journalistes, le secrétaire général Jocelyn Ngoma a d’emblée posé le décor : « S’il a été jugé nécessaire de convoquer cette conférence de presse, ce n’est ni par goût de la polémique, ni par posture. C’est donc par devoir de responsabilité, au regard des enjeux majeurs qui concernent aujourd’hui les travailleurs. »
Une vue des protagonistes
Dans un discours aussi ferme que pédagogique, le leader syndical a rappelé la doctrine qui guide l’action de sa centrale, reposant sur un triptyque fondamental : la protection de l’outil de travail, la prévention des conflits sociaux par le dialogue, et la défense des intérêts matériels et moraux des travailleurs. Une boussole qui oriente l’analyse de la FETRAG sur des dossiers aussi sensibles que l’affaire Click Africa, le décret 487 sur la modification du paramétrique de la CNSS, les élections professionnelles ou encore la crise du système éducatif.
Vue de l’assistance
Sur le dossier Click Africa qui mobilise les ressources issues des cotisations sociales, Jocelyn Ngoma a été sans détour : « Lorsqu’un projet engage des ressources issues des cotisations sociales, il doit démontrer son utilité, sa soutenabilité financière et sa capacité à préserver les équilibres des caisses sans porter atteinte au pouvoir d’achat des travailleurs. » Une exigence de transparence qui reflète les inquiétudes des travailleurs face à la gestion des fonds sociaux.

Le secrétaire général a également insisté sur la nécessité d’une rigueur pédagogique dans la conduite des réformes. « Représenter, c’est expliquer. Expliquer, c’est responsabiliser », a-t-il martelé, ajoutant que « les travailleurs ne sont pas opposés aux réformes qui sont élevées pour eux, ce qui leur concerne. Mais ils sont un peu inquiets par rapport au mode de gouvernance qui est appliqué en fonction de ces réformes. »
Concernant la hausse de 2,5% des cotisations décidée pour soutenir le système de protection sociale, la FETRAG reconnaît la nécessité de la solidarité tout en posant ses conditions. « Sans mécanisme crédible de protection des revenus, de contrôle de la viabilité et de sécurisation des fonds sociaux, la confiance ne peut être durablement établie », a prévenu Ngoma.
La centrale syndicale s’est également penchée sur la crise qui secoue le système éducatif, pointant son impact sur les familles gabonaises déjà fragilisées par l’érosion du pouvoir d’achat et l’instabilité du calendrier scolaire. Une situation qui appelle, selon la FETRAG, « responsabilité, dialogue et anticipation dans le cadre du renforcement que la Ve République appelle de tous ses vœux. »
Jocelyn Ngoma a en définitive réaffirmé la disponibilité de sa fédération au dialogue, tout en posant un ultimatum sans équivoque : « Nous le disons avec la fermeté nécessaire : sans garantie sérieuse de pouvoir d’achat, sans gouvernance saine, transparente et responsable et sans rigueur pédagogique dans la conduite des réformes, aucun effort supplémentaire ne peut être exigé des travailleurs dans le cadre de la Ve République en construction. »
Un message clair adressé aux autorités de la transition : la FETRAG n’est ni dans la surenchère ni dans la contestation systématique, mais elle assume pleinement son rôle de vigie sociale au service des travailleurs gabonais.



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