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Terrorisme au Sahel: Et si la France était plus efficace qu’on ne le dit?

Par Stive Roméo Makanga

Depuis plusieurs années, le Sahel s’enfonce dans une spirale de violences terroristes qui endeuillent régulièrement la région. Pourtant, il est souvent avancé, parfois avec une certaine complaisance, que la France, puissance militaire majeure et ancienne puissance coloniale, aurait échoué dans sa mission : rester plusieurs années au Sahel sans infliger de pertes significatives aux groupes djihadistes. Cette assertion, largement relayée dans certains cercles médiatiques et politiques, est non seulement erronée, mais elle occulte une réalité bien plus complexe et un engagement militaire français d’une intensité rarement reconnue.

Depuis 2014, les opérations Serval puis Barkhane ont permis aux forces françaises d’opérer des coups durs contre les réseaux terroristes qui gangrènent la région. Abdelmalek Droukdel, figure emblématique d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), a ainsi été neutralisé en 2020, marquant un tournant dans la lutte contre le terrorisme dans la bande sahélo-saharienne. Mais les succès français ne s’arrêtent pas là. De décembre 2014 à juin 2022, une longue liste de chefs terroristes et de cadres opérationnels a été capturée ou éliminée, affaiblissant durablement la structure et la capacité opérationnelle de groupes comme l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), le Rassemblement pour la victoire de l’Islam et des Musulmans (RVIM) ou encore Ansarul Islam.

Ces résultats, obtenus dans un contexte militaire particulièrement difficile, témoignent du maintien d’un rythme opérationnel soutenu et d’une coopération étroite entre la force Barkhane, les armées partenaires sahéliennes et les alliés internationaux. Ils soulignent également l’importance stratégique de la présence française, qui contribue à contenir la progression des groupes djihadistes, même si la stabilité politique et sociale des pays du Sahel reste fragile.

Ce bilan opérationnel, souvent méconnu, invite à nuancer les critiques hâtives sur l’efficacité de l’intervention française. Il rappelle que la lutte contre le terrorisme est une guerre d’usure, où chaque neutralisation d’un chef ou d’un cadre terroriste affaiblit un peu plus les réseaux, même si la paix durable ne peut être obtenue sans une dynamique politique et un développement économique renforcés.

En somme, loin de l’image d’un engagement inefficace, la France, par sa détermination et ses résultats tangibles, joue un rôle crucial dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Reconnaître ces faits est essentiel pour comprendre les enjeux réels de cette région stratégique et pour soutenir une politique de sécurité qui conjugue fermeté et coopération.

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