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Secteur pétrolier/tensions autour du dossier Perenco: les syndicats prêts à débrayer

Par Stive Roméo Makanga

Le climat social demeure sous haute tension dans le secteur pétrolier gabonais. Au cœur des crispations : le traitement du dossier Perenco Oil & Gas Gabon et la réécriture de la Loi 20 relative aux hydrocarbures. Dans plusieurs correspondances officielles consultées par nos soins, les organisations syndicales du secteur et le ministère du Pétrole affichent désormais des divergences profondes sur la poursuite des travaux engagés au sein de la commission du dialogue social.

Dans un courrier adressé aux autorités administratives compétentes, les syndicats du secteur pétrolier, notamment l’Organisation Nationale des Employés du Pétrole, le Syndicat des Employés Ex Employés Retraités du Pétrole et Activités Connexes et le Syndicat Autonome des Pétroliers, conditionnent désormais leur participation aux travaux de la commission à la soumission préalable de Perenco aux exercices de validation des simulations concernant la mise à disposition du personnel.

Les syndicats reprochent à l’opérateur pétrolier de ne pas s’être conformé, au même titre que les autres entreprises du secteur, aux exigences liées à la requalification de certains contrats de service en contrats de mise à disposition du personnel. Une situation qu’ils jugent inacceptable au regard des principes d’équité dans le traitement des différents opérateurs.

Dans leur correspondance datée du 30 avril 2026, les organisations syndicales indiquent avoir exigé la présence de Perenco à Libreville au plus tard le 8 mai afin de procéder aux simulations conjointes attendues. À défaut, préviennent-elles, les travailleurs pourraient être consultés pour envisager une réponse syndicale conformément aux dispositions du Code du travail.

Face à cette situation, le ministère du Pétrole et du Gaz a officiellement décidé de suspendre les travaux relatifs à la réécriture de la Loi 20 ainsi qu’au traitement des points spécifiques concernant Perenco.

Dans une correspondance signée mi-mai 2026, le ministre du Pétrole et du Gaz constate notamment « la non-soumission de Perenco à la requalification de certains contrats » ainsi que « la non-soumission de Perenco à la phase des simulations ».

En conséquence, le membre du gouvernement recommande de « surseoir à toute autre action » jusqu’à de nouvelles instructions conjointes avec le ministère du Travail.

Cette décision marque un tournant dans les discussions engagées depuis plusieurs mois entre les autorités, les opérateurs pétroliers et les représentants des travailleurs.

En réaction à cette suspension, les syndicats ont rapidement adressé une demande de rencontre urgente au ministre du Pétrole afin d’obtenir des clarifications sur la suite du processus.

Dans leur courrier, les responsables syndicaux affirment vouloir « une vision claire » des orientations gouvernementales après cette décision de gel des travaux. Une copie de cette correspondance a également été transmise au vice-président du gouvernement, au ministère du Travail ainsi qu’aux différentes structures syndicales pour large diffusion.

Au-delà du cas Perenco, cette séquence révèle les fortes tensions qui entourent actuellement la réforme du secteur pétrolier gabonais, dans un contexte où les questions liées à la protection des travailleurs, à la sous-traitance et aux conditions d’emploi demeurent particulièrement sensibles.

Alors que les négociations semblent momentanément suspendues, l’évolution du dialogue entre les syndicats, les autorités et les opérateurs pétroliers sera scrutée de près par les travailleurs du secteur.

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