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Soupçons de conflit d’intérêts et polémique autour de l’article 38 : la mission FIFA-CAF au cœur des interrogations sur le Gabon

Par Ange Mba 

‎Après l’arrêt du processus électoral de la Fédération gabonaise de football par le ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, une mission conjointe FIFA-CAF a effectué le déplacement sur Libreville afin de s’imprégner des contours liés à cette suspension ainsi qu’au processus électoral qui alimente de nombreuses polémiques.

Une démarche qui, au départ, avait été saluée par les Gabonais. Mais au fil des observations, plusieurs incohérences sont venues fragiliser la crédibilité de cette mission.Tout d’abord, la délégation de la FIFA et de la CAF, à son arrivée, a été reçue par le comité exécutif de la Fédération gabonaise de football, dirigé par Pierre Alain Mounguengui, alors même que son mandat était arrivé à son terme après la suspension de l’élection. Cette mission aurait pourtant dû convoquer le congrès afin de constater officiellement la vacance de la présidence et de mettre en place une nouvelle commission électorale.

‎Dans le même temps, la mission conjointe aurait également dû entendre l’ensemble des parties concernées par cette crise. Pourtant, seule la commission électorale a été auditionnée. Une démarche qui laisse penser que la FIFA et la CAF reconnaissent elles-mêmes l’existence du problèmes liés à ce processus électoral. D’autres zones d’ombre suscitent également des interrogations. Dans un document publié après leur visite à Libreville, la mission s’adresse au secrétaire général de la Fédération gabonaise de football, ce qui paraît normal sur le plan administratif. Mais une question demeure : sur quelle base juridique la FIFA et la CAF continuent-elles de traiter avec un candidat dont le mandat est arrivé à son terme ?

‎Plus encore, la mission affirme se référer à son déplacement effectué sur Libreville du 18 au 20 avril. Une situation qui présente, un réel conflit d’intérêts lorsqu’une mission de la CAF vient évaluer la situation d’un de ses propres vice-présidents. Il est claire que, seule la FIFA aurait dû conduire cette mission afin de garantir une transparence. Dans leur correspondance, la FIFA et la CAF affirment également s’être entretenues de manière “approfondie” avec les membres du comité exécutif.

‎Une formulation qui démontre qu’elles ont pleinement conscience de la profondeur de la crise qui secoue actuellement le football gabonais. Pourtant, ces instances soutiennent que le comité exécutif demeure en fonction conformément à l’article 38, paragraphe 4, des statuts de la fédération. Après analyse, cette mission semble davantage être venue préserver l’un des leurs en difficulté. D’autant plus que cet article 38 découle des modifications apportées aux textes régissant le bon fonctionnement du processus électoral.

‎Dès lors, une interrogation persiste : comment la FIFA et la CAF peuvent-elles se référer à cet article introduite lors du congrès de juin 2025 en parfaite violation des textes de la FIFA alors même que ces modifications n’auraient pas encore été officiellement validées par la FIFA elle-même ? Cette position traduit une volonté manifeste de maintenir le candidat sortant malgré l’expiration de son mandat. La mission indique également poursuivre l’évaluation de la situation avant toute décision définitive, alors même qu’elle reconnaît avoir examiné le dossier de manière « approfondie »

‎Dès lors, une autre question se pose : que reste-t-il encore à évaluer si les problèmes ont déjà été identifiés ?

‎Face à cette situation, un appel est lancé à la coalition des candidats engagés dans le dossier électoral de la fédération gabonaise de football. Il apparaît désormais essentiel d’éclairer les Gabonais sur les irrégularités constatées et de ne plus compter uniquement sur l’impartialité de la FIFA et de la CAF, qui semblent désormais faire partie de l’épicentre du problème de gouvernance et du non-respect des règles démocratiques au Gabon en matière d’élections sportives.

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