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Vingt ans après, pourquoi l’affaire foncière Eddy Minang ressurgit-elle ?: chronique d’une saga destinée à enterrer définitivement l’ancien procureur général

Par Stive Roméo Makanga 

Vingt ans après les premiers actes administratifs ayant conduit à la réattribution d’une parcelle située à Port-Gentil, une ancienne affaire foncière opposant Marinette Malamba à Eddy Minang refait surface. Pourtant, au regard des documents administratifs et des décisions judiciaires intervenus depuis plus d’une décennie, le dossier semblait définitivement clos. Dès lors, une question se pose : pourquoi cette affaire ressurgit-elle aujourd’hui, sans qu’aucun élément nouveau ne soit produit ?

L’origine du litige remonte à 1996. À cette époque, Marinette Malamba avait bénéficié d’un décret présidentiel lui attribuant, à titre provisoire et onéreux, la parcelle n°52, section NE, située à Port-Gentil. Comme le prévoyait la réglementation foncière applicable, cette attribution était assortie d’obligations précises, notamment la mise en valeur du terrain dans un délai déterminé.

Or, les documents consultés par nos soins montrent qu’aucune mise en valeur n’avait été réalisée dans les délais impartis. Aussi, le 28 janvier 2010, un procès-verbal de carence de mise en valeur dressé par les services compétents constatait officiellement que la parcelle était demeurée nue et n’avait fait l’objet d’aucun aménagement. Conformément aux dispositions légales alors en vigueur, le terrain est revenu dans le domaine privé de l’État.

C’est dans ce contexte qu’Eddy Minang a introduit une demande d’attribution. Après instruction du dossier, la procédure administrative a suivi son cours et a abouti, le 22 novembre 2013, à une décision de cession en toute propriété à son profit. Cette décision, prise par la Direction générale de l’Agence nationale de l’urbanisme, des travaux topographiques et du cadastre (ANUTTC), consacrait juridiquement ses droits sur la parcelle.

Pourtant, quelques mois auparavant, dame Malamba, revenue au Gabon après plusieurs années passées en France, avait sollicité la réattribution de ce même terrain. Cette demande n’a toutefois pas prospéré. Malgré cela, elle avait entrepris des travaux sur la parcelle désormais attribuée à sieur Minang.

Face à cette situation, ce dernier a saisi le juge des référés du Tribunal de première instance de Port-Gentil. Par ordonnance rendue le 22 janvier 2014, le magistrat a retenu l’existence d’un trouble manifestement illicite. Il a ordonné l’arrêt immédiat des travaux, l’expulsion de dame Malamba ainsi que de tous les occupants de son chef, assortissant sa décision d’une astreinte destinée à garantir son exécution.

L’affaire ne s’est toutefois pas arrêtée devant les juridictions. À partir de 2015, dame Malamba a multiplié les recours administratifs et les interventions médiatiques. Elle a notamment contesté la régularité de l’attribution de la parcelle, saisi plusieurs autorités administratives et politiques, ainsi que le ministre de la Justice.

Ces démarches ont conduit à l’ouverture d’une enquête administrative. Selon les éléments communiqués, celle-ci a conclu à l’absence d’irrégularité dans la procédure ayant conduit à la cession de la parcelle à Eddy Minang. L’enquête a également rappelé qu’aucune disposition légale n’interdisait à un magistrat de bénéficier d’une parcelle régulièrement revenue dans le patrimoine de l’État, dès lors que la procédure applicable avait été respectée. Ces conclusions ont été notifiées à dame Malamba le 5 mai 2015.

Malgré ces différentes décisions, l’affaire connaît aujourd’hui un nouvel épisode. Le 25 juin 2026, soit plus de onze ans après les conclusions de l’enquête administrative et plus de dix ans après les principaux recours, dame Malamba a de nouveau saisi le ministre de la Justice sans produire, selon les éléments communiqués, de fait nouveau susceptible de remettre en cause les décisions déjà intervenues.

Cette nouvelle démarche intervient dans un contexte particulier, marqué par la suspension médiatisée d’Eddy Minang. Plus surprenant encore, une correspondance adressée au ministre de la Justice, normalement couverte par la confidentialité attachée aux échanges entre les administrés et l’administration, s’est retrouvée relayée dans un média en ligne peu de temps après son dépôt.

Cette fuite interroge. Comment une correspondance administrative destinée à une autorité ministérielle a-t-elle pu être divulguée avant d’alimenter le débat public ? La question mérite d’être posée, tant le respect du secret administratif constitue une garantie essentielle du bon fonctionnement des institutions.

Au regard de la chronologie des faits, certains observateurs s’interrogent également sur l’opportunité de cette nouvelle relance. Pourquoi réactiver aujourd’hui un contentieux ayant déjà donné lieu à plusieurs décisions administratives et judiciaires, toutes convergentes, sans qu’aucun élément inédit ne soit versé au débat ? Cette concomitance avec la situation actuelle de sieur Eddy Minang nourrit inévitablement des interrogations sur les motivations réelles de cette nouvelle offensive.

À ce stade, une chose demeure toutefois constante : les documents disponibles attestent que la parcelle litigieuse est revenue dans le domaine de l’État après constat officiel de carence de mise en valeur, avant d’être réattribuée selon la procédure administrative prévue par les textes. Les décisions rendues depuis lors, tant par l’administration que par la justice, n’ont pas remis en cause cette réalité juridique.

Dès lors, une interrogation demeure au cœur de ce dossier : Eddy Minang fait-il aujourd’hui l’objet d’une vaste campagne de salissures destinée à exploiter une actualité défavorable, ou s’agit-il d’une nouvelle tentative, par des voies administratives et médiatiques, de rouvrir un litige que les autorités compétentes avaient déjà examiné ? Mais à quelle fin? Nous y reviendrons.

 

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