Can 2025 : Quand les choix de mouyouma divisent le Gabon.
Par Ange Mba
Thierry Dieudonné Mouyouma n’en finit plus de faire parler de lui. Bien avant son arrivée à la tête des Panthères, alors qu’il exerçait encore en France, le technicien gabonais s’était déjà illustré par des sorties médiatiques tranchantes à l’encontre des choix de son prédécesseur, Patrice Neveu, ainsi que de plusieurs joueurs qu’il dirige aujourd’hui en sélection.
Deux ans après sa nomination, le malaise est désormais palpable. Plusieurs médias évoquent depuis des mois un climat de règlements de comptes supposés avec certains cadres de la sélection, notamment Poko, Ibrahim ou encore le regretté Aaron Boupendza. À ces tensions s’ajoutent des accusations persistantes relayées sur les réseaux sociaux, liant le sélectionneur au controversé dossier de l’équipementier « Gaboma », que certaines personnes tapis dans l’ombre aurait tenté de faire valider en marge de la Fédération Gabonaise de Football.
Sur le plan sportif, la situation s’est récemment aggravée. Les Panthères ont subi une défaite méritée face aux Lions Indomptables du Cameroun, pourtant privés de plusieurs cadres, avant de tomber de nouveau contre le Mozambique. Ces revers ont remis au premier plan les nombreuses critiques entourant la gestion de l’équipe.
Internautes et observateurs pointent notamment l’absence d’une équipe type clairement identifiable et le manque criant de fond de jeu, symptômes d’un projet sportif jugé incohérent. Il y a quelques mois en arrières, le média Cafesportplus avait déjà jeté un pavé dans la mare en évoquant un présumé scandale de corruption au sein de la sélection, le cas Jeff Biloungou, joueur évoluant en sixième division française, dont la convocation avait choqué plus d’un.
Selon ces mêmes sources, un réseau de placement de joueurs se serait progressivement mis en place, impliquant un proche collaborateur du staff technique. Si ces accusations n’avaient pas immédiatement impacté les résultats lors des premières journées des éliminatoires de la CAN, les contre-performances récentes ont fini par raviver la colère des médias et de l’opinion.
L’affaire Mboula, jeune joueur du FC Metz, est venue renforcer les zones d’ombre à l’approche de la Coupe d’Afrique des Nations. Déclaré inapte médicalement et renvoyé en club, il figurait pourtant peu après sur la feuille de match en Ligue 1, alimentant de lourds soupçons sur la cohérence des décisions médicales du staff gabonais.
Dans le même temps, la présence dans le groupe d’un joueur sans rythme de compétition celui de Malick Evouna, convoqué malgré une condition physique jugée incertaine, continue de susciter l’incompréhension. Face aux critiques, Mouyouma a d’abord évoqué un « profil atypique », avant d’affirmer en conférence de presse, à la veille du match contre le Mozambique, qu’il n’avait pas à justifier ses choix, renvoyant la vérité « au terrain ». Une posture perçue comme une contradiction et qui ne fait plus l’unanimité. Le quotidien L’Union s’est récemment interrogé sur « des choses étranges au sein des Panthères », pointant l’attitude jugée arrogante du sélectionneur et ses limites dans la gestion du groupe.
À l’heure où les résultats plongent, c’est désormais l’ensemble du projet Mouyouma qui est remis en cause. Plus qu’une simple série de défaites, c’est la crédibilité même du sélectionneur qui se retrouve au centre du débat.



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