Crise dans l’éducation : le Bloc Démocratique Chrétien propose une rencontre nationale de concertation, placée sous l’autorité directe du Chef de l’État
Par Stive Roméo Makanga
Face à la persistance de la crise qui paralyse le secteur de l’Éducation nationale, le Bloc Démocratique Chrétien (BDC) est sorti de son silence. Dans une déclaration rendue publique ce 2 février 2026 à Libreville, son vice-président, Clay Martial Obame Akwé, a dressé un constat grave de la situation et appelé à un sursaut républicain et patriotique pour éviter une déstabilisation durable du pays.
Selon le BDC, l’enlisement du conflit éducatif, malgré les efforts consentis et les médiations engagées, constitue désormais une menace directe pour l’équilibre social et institutionnel du Gabon. « L’école est à l’arrêt. Et avec elle, c’est l’avenir de toute une génération qui se trouve suspendu à l’incertitude », a alerté Clay Martial Obame Akwé, en rappelant que lorsque l’école s’interrompt durablement, c’est la République elle-même qui vacille.
Cette situation est jugée d’autant plus préoccupante que le pays sort d’une transition politique qualifiée de réussie, saluée tant sur le plan national qu’international. Pour le Bloc Démocratique Chrétien, laisser prospérer une crise sociale majeure dans ce contexte reviendrait à compromettre les acquis de stabilité et de crédibilité de l’État, patiemment reconstruits au cours de cette période charnière.
Constatant l’échec des tentatives de médiation jusque-là engagées, le BDC estime que l’heure n’est plus aux postures ni aux calculs, mais à la responsabilité collective. Le parti appelle ainsi le Chef de l’État, Chef du Gouvernement, à s’autosaisir personnellement du dossier, en sa qualité de garant des institutions et de protecteur de l’intérêt général.
Dans cette optique, le Bloc Démocratique Chrétien propose la convocation d’une rencontre nationale de concertation, placée sous l’autorité directe du Chef de l’État. Cette initiative aurait pour objectif de dégager une trêve sociale claire, encadrée et engageante, préalable indispensable au retour durable du calme social et à la poursuite sereine de l’action gouvernementale.
Souhaitant garantir la crédibilité et l’efficacité de cette concertation, le BDC plaide pour une large représentation des forces morales, institutionnelles et sociales du pays. La rencontre devrait ainsi réunir des membres du Comité des sages, des représentants des confessions religieuses (Église catholique, Église protestante, Gabon pour Jésus, Conseil islamique), des centrales syndicales représentatives, du Conseil national de la démocratie, du Parlement, des ministères concernés (Éducation nationale, Fonction publique, Finances, Planification), ainsi que de la Médiature de la République, de la CNPR et de l’Alliance chrétienne.
Pour le BDC, l’enjeu n’est pas de multiplier les déclarations de principe, mais de prendre des décisions concrètes et durables, d’arrêter un calendrier crédible et surtout d’éviter que la crise éducative ne fasse tache d’huile, ouvrant la voie à d’autres blocages sectoriels.
« Le temps joue contre la République », a insisté Clay Martial Obame Akwé. Chaque jour d’école perdu est présenté comme une défaite collective, chaque semaine d’inaction comme un affaiblissement supplémentaire de la cohésion nationale.
En conclusion, le Bloc Démocratique Chrétien en appelle à la maturité, à la sagesse et au sens de l’État de tous les acteurs, en plaidant pour une paix sociale « construite, assumée et durable ». Une conviction résumée en une formule forte : le Gabon ne peut pas avancer avec une école à l’arrêt, car la République, souligne le BDC, « ne se négocie pas, elle se protège ».



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