Chargement en cours

Élection sous polémique : la FEGAFOOT accusée de passage en force

Par Ange Mba 

Le processus électoral de la Fédération gabonaise de football, dont la tenue est imminente, s’annonce comme l’un des scrutins les plus controversés de l’histoire du sport gabonais. En raison de nombreuses contestations juridiques portant sur la conformité des dispositions statutaires aux normes de la FIFA et de la CAF.

‎Au cœur de cette polémique, la légalité de la commission électorale, jugée irrégulière par plusieurs candidats déclarés. Ces derniers se sont réunis en coalition avec d’autres acteurs du football national et dénoncent des manquements graves compromettant la transparence et la crédibilité de l’élection. Les recours engagés reposent essentiellement sur plusieurs violations des textes qui encadrent le fonctionnement des fédérations sportives.

‎Le malaise s’est accentué à la suite de la déclaration du ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany, qui a révélé la non-conformité de plus de 19 fédérations sportives, dont la Fegafoot. Selon lui, plusieurs structures fonctionneraient sans papiers légaux. Une situation préoccupante qui remet en question la légitimité des décisions prises par ces instances.

‎Face à cette annonce, l’instance faîtière aurait tenté de contourner l’obstacle en modifiant ses statuts lors du congrès du 25 juin dernier, en pleine année électorale, une pratique pourtant proscrite par les règles de la FIFA. Cette démarche alimente davantage les soupçons et renforce les critiques quant à une volonté manifeste de passage en force.

‎D’ailleurs, plusieurs ligues et sous-ligues affiliées n’ont pas encore procédé aux mises en conformité exigées par la réglementation en vigueur du ministère des Sports. Cette irrégularité fragilise l’ensemble du processus électoral, notamment en ce qui concerne la validité des délégués appelés à voter. Dans ce contexte, une question essentielle se pose : pourquoi une telle précipitation dans l’organisation de cette élection, alors que les conditions de transparence et de légalité ne semblent pas réunies ? Pour la coalition des candidats déclarés, la Fédération gabonaise de football chercherait à défier l’autorité de tutelle malgré les multiples interpellations.

‎Sur le plan sportif, le bilan des dernières années est également pointé du doigt. Malgré quelques participations à des compétitions internationales, le développement du football gabonais est un véritable capharnaüm. Les litiges répétés avec des sélectionneurs, tels que José Antonio Camacho, Daniel Cousin, Jorge Costa, José Garrido ou Patrice Neveu, traduisent une gestion administrative souvent sanctionnée devant les juridictions internationales pour non-respect des engagements contractuels. À cela s’ajoute le manque de progression des sélections de jeunes, toujours en difficulté, confirmant l’absence d’une stratégie durable de formation.

‎Après plus de 12 ans de gestion par l’actuel comité exécutif, les critiques se multiplient et appellent à une réforme plus pointue. La souveraineté de l’État, à travers le ministère des Sports, est ainsi interpellée afin de garantir un cadre légal strict et de restaurer la crédibilité des institutions sportives. Jusqu’à ce jour, la Fédération gabonaise de football n’a toujours pas publié la liste officielle des délégués électifs, accentuant davantage le climat de suspicion. La coalition des candidats affirme d’ailleurs que, dans ces conditions, l’élection ne pourra pas se tenir.

‎Dès lors, l’hypothèse de la mise en place d’un comité de normalisation apparaît de plus en plus probable, avec pour mission de faire toute la lumière sur les dysfonctionnements dénoncés et de rétablir un processus électoral conforme aux standards internationaux.

Laisser un commentaire