Essassa : la SNI engage le dialogue avec les populations sur la régularisation foncière
Par Stive Roméo Makanga
La régularisation foncière est l’un de ces chantiers publics où se mêlent attentes sociales, complexité administrative et défi de crédibilité de l’action publique. À Essassa, quartier en pleine expansion de la périphérie de Libreville, l’État gabonais a choisi de s’attaquer frontalement à cette équation délicate. À la suite du lancement officiel de l’opération par le ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre, Mays Mouissi, la Société Nationale Immobilière (SNI) est descendue sur le terrain.
Une vue des populations
Son directeur général, Jean Pierre Ondounda, accompagné de ses équipes, a rencontré les populations du quartier dans un exercice désormais indispensable : expliquer, rassurer et répondre. Car en matière de foncier, l’incompréhension est souvent le premier obstacle, bien avant les lenteurs administratives.
L’objectif de cette rencontre était clair : présenter le processus de régularisation foncière, dans ce qu’il a de concret mais aussi de contraignant. Étapes à suivre, conditions à remplir, documents requis, administrations impliquées : autant d’éléments que les habitants réclament, souvent à juste titre, pour sortir d’un flou juridique qui dure parfois depuis des années.
Une phase de l’échange
Les échanges ont mis en lumière les préoccupations récurrentes des résidents : les délais, jugés incertains, la multiplication des démarches, perçue comme dissuasive, et surtout la clarification des rôles entre les différentes institutions impliquées. Un point sensible, tant la confusion administrative alimente la défiance à l’égard des politiques foncières.
Sur ce terrain, la SNI a tenu à recadrer son rôle. Ni guichet unique, ni autorité de décision finale, l’entreprise publique se positionne comme aménageur de l’État, chargé d’accompagner la sécurisation foncière des populations installées sur ses sites. Une précision loin d’être anodine, dans un pays où l’imbrication des compétences est souvent source de malentendus.
En insistant sur cette distinction entre la SNI et les autres administrations concernées, les équipes de Jean Pierre Ondounda ont cherché à lever une ambiguïté persistante : la régularisation foncière est un processus collectif, où chaque acteur institutionnel intervient dans un périmètre précis, avec des responsabilités définies, du moins sur le papier.
Au-delà des aspects techniques, cette démarche de proximité traduit une volonté politique plus large : réinstaller le dialogue entre l’administration et les citoyens, dans un domaine à fort impact social. Car le foncier n’est pas qu’une question de titres et de plans cadastraux ; il touche à la sécurité des ménages, à l’investissement familial et à la projection dans l’avenir.
Reste une réalité incontournable : la réussite de l’opération à Essassa dépendra moins des discours que de la capacité de l’État à tenir les engagements annoncés, à simplifier les procédures et à respecter des délais acceptables. La transparence affichée devra désormais se traduire par des résultats tangibles.
À Essassa comme ailleurs, la régularisation foncière n’est pas seulement un test administratif. C’est un test de crédibilité pour l’action publique, dans un pays où la promesse de sécurité juridique est attendue depuis longtemps par des milliers de familles.



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