Fédération gabonaise omnisports des personnes handicapées : l’heure de la mise en conformité
Par Ange Mba
Le jeudi 22 janvier, le ministre de la Jeunesse et des Sports, Paul Ulrich Kessany, a reçu la Fédération gabonaise omnisports des personnes handicapées (FEGOPH), conduite par son président Ndolia Saturnin. Cette audience a permis de faire un état des lieux sans complaisance des difficultés auxquelles fait face la fédération.
Parmi les principaux manquements évoqués figurent le manque de moyens financiers pour l’organisation des compétitions, l’inactivité de quatre ligues, ainsi que l’absence régulière de tournois au niveau national. Le président de la FEGOPH a également présenté le projet ambitieux d’organiser au Gabon une Coupe d’Afrique des nations de football des sourds-muets, initiative saluée mais jugée prématurée au regard des réalités administratives et organisationnelles actuelles.
Le ministre a rappelé avec fermeté les enjeux de cette rencontre, insistant sur la nécessité pour toute structure sportive d’être à jour administrativement avant de prétendre à un accompagnement de l’État. Bien que la FEGOPH dispose d’un agrément technique, elle ne possède pas encore de récépissé définitif, ce qui, selon le ministre, ne lui permet pas d’exercer pleinement en tant que fédération. À ce stade, elle est considérée comme une association sportive à vocation de promotion du sport.
Toutefois, Paul Ulrich Kessany a assuré que le ministère accompagnera la FEGOPH dans son processus de régularisation, à condition qu’elle procède d’abord à la sélection de quelques disciplines prioritaires, lesquelles seront officiellement répertoriées et encadrées. Le ministre a également déploré la non-organisation des compétitions nationales et recommandé une meilleure insertion des activités des personnes handicapées au sein des ligues et fédérations existantes, notamment celles de la Fédération gabonaise de football.
L’accent a été mis sur la notion d’inclusion, qui consiste à intégrer les athlètes en situation de handicap dans les compétitions régulières, afin de favoriser l’engouement, la visibilité et le développement du sport adapté. Avant toute décision majeure, une étude approfondie sera menée pour évaluer la faisabilité des projets présentés.
Déterminé à rétablir l’ordre et la conformité au sein des fédérations sportives, le ministre a enfin rappelé que l’accès à la subvention de l’État sera conditionné, dès l’année prochaine, à la présentation d’activités structurantes et porteuses, ainsi qu’au strict respect des exigences administratives.
Une restructuration profonde des compétitions s’impose donc comme un préalable indispensable au développement durable du sport pour les personnes handicapées au Gabon.



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