Gabon : des propos tribalistes attribués à Bienvenu Effayong Obiang provoquent l’indignation de Pacceli-Taylor Bikoro
Par Joseph Mundruma
À Libreville, une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux alimente depuis plusieurs jours une vive polémique autour de déclarations jugées à caractère tribaliste. Dans un communiqué publié le 6 mars 2026, l’acteur politique Pacceli-Taylor Bikoro condamne fermement les propos tenus par Bienvenu Effayong Obiang, récemment nommé chargé d’études auprès de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire.
Selon ce communiqué, l’intéressé aurait diffusé lui-même une vidéo dans laquelle il profère des menaces et des injures à l’encontre d’un activiste gabonais avec lequel il serait en conflit. Dans cette séquence largement relayée sur les réseaux sociaux, Bienvenu Effayong Obiang, alias Bitome, aurait notamment affirmé que son interlocuteur « ne pourrait rien lui faire » au motif qu’il serait Fang et que le Gabon serait, selon ses propres mots, « un pays des Fang ».
Des déclarations qui ont immédiatement suscité l’indignation de plusieurs observateurs et acteurs politiques, au regard de leur portée potentiellement divisive dans un pays attaché au principe d’unité nationale.
Dans sa réaction publique, Pacceli-Taylor Bikoro qualifie ces propos « d’extrêmement graves » et estime qu’ils ne sauraient être tolérés dans un État se réclamant des valeurs républicaines. « De tels propos constituent une dérive dangereuse et profondément irresponsable », écrit-il, dénonçant une atteinte au pacte républicain susceptible d’alimenter les fractures identitaires.
L’acteur politique souligne également qu’une telle prise de position est d’autant plus préoccupante qu’elle émane d’un agent nommé en Conseil des ministres. Bienvenu Effayong Obiang avait en effet été désigné chargé d’études auprès du directeur général de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) lors du Conseil des ministres du 7 février 2024.
Originaire de la province du Woleu-Ntem et lui-même membre de la communauté fang, Pacceli-Taylor Bikoro insiste sur la nécessité de rejeter toute instrumentalisation de l’identité ethnique dans le débat public. « Nul ne peut se prévaloir de son appartenance pour menacer ou intimider d’autres citoyens », affirme-t-il, rappelant que « le Gabon n’est la propriété d’aucune ethnie ».
Dans ce contexte, il en appelle directement au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, afin que « toute la mesure de la gravité de cette situation » soit prise et que les conséquences appropriées soient tirées, notamment à travers un retrait de confiance à l’égard de l’intéressé.
Pour Pacceli-Taylor Bikoro, la République ne peut tolérer que des responsables publics banalisent le tribalisme ou alimentent des divisions identitaires. Il estime que la fermeté de l’État doit être totale face aux discours susceptibles de fragiliser la cohésion nationale.
Cette affaire intervient dans un contexte politique où la question de l’unité nationale demeure particulièrement sensible, alors que le pays poursuit son processus de transition engagé après le Coup d’État du 30 août 2023 au Gabon.
Pour l’heure, aucune réaction officielle des autorités ou de l’AGASA n’avait encore été rendue publique au moment de la publication du communiqué.



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