Gabon/Sécurité ferroviaire : à Owendo, la Setrag engage un partenariat stratégique avec les collectivités locales
Par Cadette Ondo Eyi
Dans la salle polyvalente de la base de Sétrag, l’atmosphère est à la fois studieuse et solennelle. Élus municipaux, représentants institutionnels et acteurs communautaires ont répondu présents à l’invitation de l’entreprise ferroviaire, réunis autour d’un objectif commun : renforcer durablement la sécurité ferroviaire au bénéfice des populations riveraines du Transgabonais.
Loin d’un simple cadre technique, cet atelier marque une nouvelle étape dans la gouvernance territoriale du chemin de fer gabonais, fondée sur le dialogue, la concertation et la responsabilité partagée.
Véritable artère vitale de l’économie nationale, le Transgabonais relie les zones minières et forestières du pays au port d’Owendo, assurant l’acheminement de ressources essentielles tout en desservant de nombreuses localités. Cette performance logistique impose toutefois une exigence permanente : garantir la sécurité des communautés installées le long de la voie ferrée.
Représentant le Directeur général Christian Magni, empêché, la Directrice de la communication, Reine Sonia Okoua Obame, a rappelé avec fermeté les priorités de l’entreprise : « Le Transgabonais est une artère vitale pour notre économie. Mais son efficacité ne doit jamais se faire au détriment de la sécurité des populations riveraines. »
Malgré les campagnes de prévention menées ces dernières années, les risques demeurent réels : traversées imprudentes, occupations anarchiques de l’emprise ferroviaire, installations non conformes. Autant de pratiques qui exposent les populations à des incidents graves.
Face à ce constat, la Setrag a fait le choix d’une approche plus inclusive et territorialisée, en associant étroitement les collectivités locales à la réflexion et à l’action. Le maire d’Owendo, Arnaud Sandie Nombo, a salué une initiative «responsable et structurante », tout en reconnaissant que certaines zones d’habitation se sont développées au fil du temps dans des espaces non conformes à la réglementation ferroviaire.
Pour l’édile, cette situation appelle « une réponse collective et durable », pleinement inscrite dans la vision des plus hautes autorités en matière de protection des personnes et des biens. La municipalité, a-t-il assuré, entend jouer pleinement son rôle dans cette responsabilité partagée.
Les échanges ont ensuite pris une dimension plus technique avec la présentation de la stratégie communautaire de la Setrag par Mboute Inès Romilda, cheffe du département sociétal et RSE, et Ngagnia-Ndjabounda Eddy Clerck, chef de division des relations communautaires.
Cette stratégie s’appuie notamment sur le décret n°00132/PR du 27 janvier 1978 relatif à la Police des Voies Ferrées en République gabonaise, qui engage plusieurs ministères et confère aux collectivités locales un rôle déterminant dans la mise en œuvre des mesures de sécurité.
Dans ce cadre, les communes sont appelées à jouer un rôle opérationnel de premier plan, notamment à travers la diffusion des messages de sensibilisation, la mobilisation des volontaires communautaires, la formalisation d’associations locales et la facilitation des actions de terrain. De son côté, la Setrag s’est engagée à assurer la formation, l’encadrement, la rémunération et le suivi des volontaires, ainsi que l’évaluation continue des actions mises en œuvre.
Cette démarche s’inscrit également dans le respect de la Norme de performance 4 relative à la santé et à la sécurité des communautés, traduisant la volonté de l’entreprise d’aligner ses pratiques sur les standards internationaux.
Les discussions, franches et constructives, ont permis de dégager un consensus fort. Le représentant de l’Agence de Régulation du Transport Ferroviaire a rappelé la nécessité pour la Setrag de poursuivre ses efforts afin d’amener les riverains à respecter la législation en vigueur.
À l’issue des concertations, il a été décidé de mettre en place des équipes mixtes, composées d’agents de la Setrag, de représentants des communautés et des communes traversées par la voie ferrée. L’ambition est désormais claire : passer d’actions ponctuelles de sensibilisation à une dynamique permanente, structurée et coordonnée.
Plusieurs résultats sont attendus de cette démarche : une meilleure compréhension des risques ferroviaires, un engagement renforcé des collectivités locales, des orientations concertées pour les actions de terrain, une collaboration durable entre la Setrag et les territoires, ainsi que le lancement effectif du processus de constitution d’associations communautaires.
À Owendo, ce 11 février 2026, l’atelier a ainsi dépassé le cadre d’une simple rencontre technique. Il a porté un message politique et sociétal fort : faire de la sécurité ferroviaire une culture partagée, à l’intersection du développement économique et de la responsabilité sociale.
Car si le rail transporte minerais et marchandises, il traverse aussi des quartiers, des familles et des vies. Et c’est précisément à ce carrefour que se construit l’avenir d’un chemin de fer plus sûr et plus responsable.



Laisser un commentaire