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L’ANMAPS certifiée ISO 9001:2015 : le Gabon franchit un cap décisif dans la régulation pharmaceutique

Par Jimmy Mandoukou

L’hôtel Radisson Blu de Libreville a vécu, ce mardi, un moment historique pour le système de santé gabonais. Sous les ors de ses salons feutrés, l’Agence nationale du médicament et autres produits de santé (ANMAPS) recevait officiellement sa certification ISO 9001:2015, une distinction qui place désormais le Gabon parmi les nations africaines à la pointe de la régulation pharmaceutique. En présence du vice-président du gouvernement Hermann Immongault, cette cérémonie a consacré des mois d’efforts et une vision résolument tournée vers l’excellence.

Une vue de la certification

Au cœur de cette réussite, deux figures ont brillé par leur détermination : le Dr Ange Mibindzou Mouelet, directeur général de l’ANMAPS, et Elza Okana Ayo épouse Illigo, ministre de la Santé. Le premier, architecte méticuleux de cette transformation institutionnelle, a conduit son agence à travers un processus exigeant de six mois, mobilisant l’ensemble de ses équipes dans une démarche où chaque agent est devenu acteur du changement. « Il y a aujourd’hui l’exigence accrue de performance et de traçabilité de tout ce qui est médicaments et autres produits de santé. Mais il faut s’harmoniser également aux standards internationaux », a-t-il rappelé avec la sobriété d’un homme qui mesure l’ampleur de sa mission.

Une vue du ministre de la Santé

Cette certification n’est pas tombée du ciel. Elle est le fruit d’une méthodologie rigoureuse basée sur le cycle PDCA – planifier, faire, vérifier, agir – qui a permis de diagnostiquer l’existant, de former tous les agents sans exception, de cartographier les processus, d’analyser les risques et de structurer un système documentaire digne des standards internationaux. Des audits internes, des audits blancs, puis l’épreuve ultime face aux auditeurs de l’AFNOR : l’ANMAPS a franchi chaque étape avec la rigueur d’un marathonien qui vise le podium.

Vue du Dr Ange Mibindzou Mouelet lors de sa prise de parole

« Tous les aspects liés à la qualité sont partagés avec l’ensemble des agents parce qu’ils ont été acteurs et ils ont tous pris part à cette action », a souligné Ange Mibindzou Mouelet, conscient que la force d’une institution réside dans la cohésion de ses équipes. Les résultats ne se sont pas fait attendre : meilleure maîtrise des délais, harmonisation des procédures, pilotage basé sur la performance. Des « impacts immédiats » qui transforment déjà le quotidien de ceux qui, sur le terrain, veillent à la sécurité des médicaments circulant sur le territoire gabonais.

Une vue de l’assistance 

À ses côtés, la ministre Elza Okana Ayo a incarné la vision politique de cette transformation. Avec une éloquence mêlant pragmatisme et ambition, elle a posé les jalons d’un système de santé où « la qualité et la sécurité doivent être au cœur de toutes les pratiques sanitaires ». Son discours, loin des envolées lyriques creuses, a tracé une feuille de route précise : renforcement de la surveillance du marché, lutte implacable contre les produits falsifiés, protection accrue des patients contre les effets indésirables. « La santé est un domaine où l’exigence sauve des vies », a-t-elle martelé, rappelant que derrière chaque processus certifié, ce sont des vies humaines qui sont en jeu.

La ministre a également su replacer cette certification dans une perspective plus large, celle de la vision du président Brice Clotaire Oligui Nguema pour un système de santé « résolument orienté vers l’intérêt du patient ». Elle a lancé un appel vibrant aux acteurs du secteur – hôpitaux, centres de santé, laboratoires publics et privés – pour qu’ils s’alignent sur ces exigences de qualité, promettant un accompagnement continu du ministère dans cette marche vers l’excellence.

Hermann Immongault, vice-président du gouvernement, a salué cette avancée comme l’illustration concrète de la « refondation de l’État » voulue par le chef de l’État. Pour lui, l’ANMAPS occupe « une place stratégique » en se situant « au cœur de la chaîne de confiance qui lie l’État aux citoyens en matière de médicaments ». Mais il a également tempéré l’euphorie du moment : cette certification « ne saurait être perçue comme un point d’aboutissement », a-t-il prévenu, mais plutôt comme « une responsabilité accrue » qui engage l’Agence à maintenir un haut niveau d’exigence dans la durée.

Le message est passé. Ange Mibindzou Mouelet l’a d’ailleurs répété : « La certification ISO 9001:2015 n’est pas une fin, mais en réalité, un engagement durable. » L’ANMAPS vise désormais le niveau de maturité 3 recommandé par l’Organisation mondiale de la santé, confirmant que l’ambition gabonaise ne s’arrête pas aux frontières nationales mais aspire à rayonner à l’échelle régionale et internationale.

Dans les travées de l’hôtel Radisson, ce mardi, ce n’était pas qu’un certificat qui était célébré. C’était la matérialisation d’une vision politique portée par des hommes et des femmes déterminés, celle d’un Gabon doté d’institutions fortes, capables de répondre aux attentes légitimes de leurs populations. Le Dr Mibindzou Mouelet et la ministre Okana Ayo peuvent être fiers : ils ont franchi un cap décisif. Reste désormais à faire de cette excellence une culture partagée par l’ensemble du système sanitaire gabonais. Le pari est ambitieux, mais avec de tels artisans aux commandes, il n’est plus impossible.

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