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Le Gabon prend le virage numérique avec SIGFIP, une révolution pour les finances publiques

Par Jimmy Mandoukou

Ce jeudi 15 janvier, la salle du ministère du budget a vibré au rythme d’une petite révolution silencieuse. Sous la présidence de Marc Abeghe, ministre délégué du budget, et en présence des hauts cadres de l’administration, le lancement officiel du Système Intégré de Gestion des Finances Publiques (SIGFIP) a marqué un tournant décisif. Plus qu’un simple outil informatique, SIGFIP incarne la volonté d’un État en marche vers la transparence totale et la souveraineté numérique.

« Notre gouvernement, sous l’impulsion du président de la République, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, s’est engagé dans un processus de transformation, de modernisation de notre système de gestion des finances publiques », a posé d’emblée le ministre Abeghe, plantant le décor d’une réforme d’envergure. Le but est clair : garantir « la sincérité et la régularité de l’exécution budgétaire ». Avec ce nouvel outil, « toutes les opérations seront centralisées », offrant une traçabilité parfaite des ressources et des dépenses, et constituant un levier puissant pour l’audit et le contrôle.

Un temps fort de la présentation 

Dirigé par le conseiller Sorel Ongollo, le projet SIGFIP est ambitieux. Il s’agit ni plus ni moins de « fédérer tous les acteurs de la chaîne financière de l’État autour d’un système unique ». Une première version est déjà opérationnelle depuis décembre 2025, avec une finalisation prévue pour fin 2026. L’objectif ? Une digitalisation intégrale pour « une vue à 360 degrés » des opérateurs économiques et une exécution budgétaire entièrement dématérialisée.

Une vue des participants

« Le SIGFIP va nous permettre d’avoir une vue à 360 degrés d’un opérateur économique », a détaillé Sorel Ongollo. Grâce à des interfaces avec les administrations fiscales et douanières, l’État pourra suivre en temps réel l’ensemble des recettes et des dépenses liées à chaque partenaire. Pour les entreprises, un portail dédié, « fournisseur.gouv.ga », permettra de « soumissionner électroniquement au marché de l’État et de suivre en toute transparence l’avancement de son dossier ». La grande innovation ? L’introduction de la signature électronique, un pas de géant vers le « zéro papier ».

Après la présentation théorique, place au concret. La délégation s’est rendue au siège du Trésor pour visiter le nouveau data center, symbole de la souveraineté numérique retrouvée. Puis, à la direction centrale des Affaires financières du ministère de la Justice, une démonstration en situation réelle a eu lieu. Sous les yeux des participants, les agents ont simulé toutes les étapes d’une dépense : engagement, ordonnancement, vérification, signature électronique… Un circuit fluide et rapide qui a convaincu de l’efficience du système.

« Comme vous l’avez bien compris, le système intégré de gestion des finances publiques est très important pour la fédération de l’ensemble des applications », a commenté Marc Abeghe, observant la démonstration. Le gain est majeur : « L’avantage de ce système est d’avoir la traçabilité des ressources et des dépenses dans une même application. » Et le ministre de marteler un argument décisif pour la souveraineté nationale : « La souveraineté informatique nous semble être garantie. Parce que l’administration gabonaise est désormais propriétaire des codes sources. C’est une application qui a été développée au Gabon. »

Face à ce bouleversement des pratiques, l’accompagnement des utilisateurs est crucial. L’équipe projet a déployé des tutoriels vidéos, des guides et une assistance via WhatsApp intégrant de l’intelligence artificielle. « Tout cela sera insuffisant », a toutefois prévenu Sorel Ongollo, appelant à une « grande mobilisation sur le terrain pour accroître la formation et l’accompagnement » dans les premières semaines critiques.

En définitive, SIGFIP est bien plus qu’un logiciel. C’est un changement de culture, une promesse de gouvernance assainie et transparente. Comme l’a conclu le ministre Abeghe, cette application « aura le mérite de garantir la sincérité et la redevabilité de l’exécution budgétaire ». Une nouvelle page, numérique et vertueuse, s’ouvre pour les finances publiques gabonaises.

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