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Marine marchande/Passation de charges: Frédérique Avome Guevit hérite d’un socle de 1,6 milliard FCFA et ouvre le chantier de la modernisation

Par Stive Roméo Makanga

La Direction générale de la Marine marchande (DGMM) a officiellement tourné une page de son histoire administrative ce vendredi 6 février 2026, à l’occasion de la cérémonie de passation de charges entre Jean Cruz Lessagui et sa successeure, Frédérique Avome Angue Oliveira épouse Guevit. Présidée par le secrétaire général du ministère des Transports, Anatole Kabounou Onkoni, cette transition s’inscrit dans le prolongement des nominations entérinées lors du Conseil des ministres du 29 janvier dernier. Elle marque un moment charnière pour une administration stratégique, qualifiée à juste titre d’« instrument de souveraineté », appelée à concilier héritage matériel conséquent et impératif de modernisation.

Dans une atmosphère empreinte de solennité républicaine et de respect institutionnel, la cérémonie s’est tenue en présence des agents de la Marine marchande. Elle a également été l’occasion d’installer le nouveau directeur général adjoint, le Commandant Ogandaga Ogandaga Wilfried Gaël, venant ainsi renforcer l’ossature dirigeante de cette administration centrale du ministère des Transports.

Une vue de l’assistance

Prenant la parole, Anatole Kabounou Onkoni a tenu à saluer l’action du directeur général sortant, soulignant le retour progressif à la sérénité au sein d’un service longtemps marqué par des tensions internes. Il a profité de cette tribune pour rappeler, avec fermeté, la nature juridique et administrative de la Marine marchande. « La Marine marchande n’est ni un établissement public ni une entité personnalisée ; elle est un service central de l’État », a-t-il insisté, rappelant la chaîne hiérarchique et les exigences d’éthique et de déontologie qui en découlent.

Une autre vue de l’assistance

Après seize mois à la tête de la DGMM, Jean Cruz Lessagui laisse derrière lui un bilan matériel rarement égalé. Le fait marquant demeure l’acquisition, en fonds propres, du tout premier siège social de la Marine marchande après quarante années d’existence, pour un montant de 1,650 milliard de francs CFA. Une réalisation qu’il a tenu à distinguer de toute ponction sur les finances publiques. À cela s’ajoutent quatre embarcations motorisées, quatre véhicules acquis hors budget, la motorisation de deux unités Océans 26, la signature de conventions d’envergure — dont l’une dépasse le milliard de francs CFA — ainsi qu’une enveloppe de 23 millions de francs CFA consacrée à l’aide sociale des agents.

Pour autant, le directeur sortant n’a pas éludé les défis structurels qui demeurent. Il a notamment rappelé l’urgence de répondre aux écarts relevés par l’Organisation maritime internationale (OMI) dès 2017, appelant à une formation immédiate des inspecteurs, dont le nombre reste largement insuffisant au regard des près de 900 kilomètres de littoral gabonais à surveiller.

C’est donc à la tête d’une administration stabilisée, mais confrontée à de fortes attentes, que Frédérique Avome Guevit entame son mandat. Sa nomination, saluée comme un signal fort de confiance accordée aux compétences internes et à la promotion du leadership féminin, ouvre une nouvelle séquence pour la Marine marchande gabonaise. Déclinant sa vision managériale, la nouvelle directrice générale a placé l’humain au cœur de son action : « Diriger, c’est écouter, comprendre et accompagner », a-t-elle déclaré, appelant les agents à une fierté collective et à un engagement renouvelé au service de l’État.

Désormais portée par le tandem Avome Guevit–Ogandaga, la Marine marchande est attendue sur le terrain des réformes concrètes, de la mise à niveau normative et du renforcement de ses capacités opérationnelles. Plus qu’un simple changement de responsables, cette transition ouvre une phase décisive pour rehausser durablement le niveau de performance et de crédibilité de cet instrument essentiel de la souveraineté maritime du Gabon.

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