Mounana/ Gabon : Le conseil municipal à l’heure des grands défis budgétaires
Par Mélissa Bissapi
Sous l’égide du nouvel édile, Cédric Émerick MAKA TONGO, la cité minière engage sa mue administrative. Entre rigueur budgétaire et quête de souveraineté foncière, le premier conseil de l’ère 2026 dessine les contours d’un renouveau attendu. Nous vous disons tout.
Le samedi 11 avril 2026 restera gravé dans les annales de la municipalité de Mounana. Dans l’antre solennel de la salle des délibérations, dès 10h04 précises, s’est ouverte la session ordinaire du Conseil Municipal, la première depuis l’accession de Cédric Émerick MAKA TONGO à la magistrature suprême de la commune.
Une vue de l’institution
Autour du Premier Magistrat, qui présidait la séance en sa qualité de Président du Conseil, l’on notait la présence de figures tutélaires et institutionnelles. Il s’agit du premier adjoint, Mack Ronald IPOUNGOU ONDO, la deuxième adjointe, Asmahou Épse ONTALA, le Sous-Préfet, ainsi que l’honorable député de la circonscription.
Une phase de l’échange
À cet aéropage s’étaient joints les représentants des géants industriels Eramet et Gabon Mining, témoins privilégiés du destin économique de la localité.
L’ordre du jour, dense et stratégique, s’articulait autour de quatre axes cardinaux :
1. La vérification du quorum ;
2. La mise en place du secrétariat de séance ;
3. L’examen et la validation du procès-verbal de la commission ADHOC ;
4. L’analyse et l’adoption du budget primitif de l’exercice 2026.
Une autre phase de la concertation
D’emblée, le Maire a tenu à imprimer sa marque. Porté par une volonté de rompre avec l’absentéisme délétère, le Président du Conseil a proposé l’instauration d’un règlement intérieur contraignant. Désormais, tout conseiller devra siéger au moins à la moitié des sessions annuelles sous peine de sanctions. Une mesure de salubrité politique visant à rappeler à chaque élu la sacralité du mandat confié par les populations de Mounana.
À l’issue d’un appel rigoureux, force fut de constater que 29 conseillers répondaient à l’appel, permettant de facto l’ouverture officielle des travaux dans une atmosphère empreinte d’une sérénité studieuse. Pour l’assister dans cette tâche, Conformément aux dispositions du Code des Collectivités Locales,le secrétariat de séance a été confié au plus jeune membre de l’assemblée. À ce titre, dame Djenie Valflore ATOUNDOU a assuré cette fonction, assistée de ses deux rapporteurs.
Le troisième point a donné lieu à une lecture intelligible et exhaustive du procès-verbal de la commission ADHOC 2025.
Un exercice de rétro-ingénierie administrative nécessaire pour corriger les scories du passé. L’édile et ses conseillers ont, de concert, relevé des incohérences de fond et de forme, engageant des joutes verbales constructives afin d’assainir les bases de la gouvernance future.
Toutefois, le cœur des débats résidait dans l’examen du budget primitif 2026. Après un audit sans concession de la gestion sortante, le conseil a fixé des objectifs de salubrité financière :
• La mise en œuvre de mesures curatives de gestion ;
• La traçabilité stricte des flux financiers ;
• L’équilibre de l’action sociale, identifiée comme le principal foyer de déficit.
La réalité des chiffres : Sous l’impulsion de la tutelle, le plafond budgétaire a subi une cure d’austérité nécessaire. Les prévisions initiales, autrefois fixées à 272 millions de FCFA, ont été ramenées à 213 millions, soit une contraction significative de 61 millions.
Ce réajustement impose de facto une optimisation des recettes locales.
Dans une quête de résilience économique, le Conseil a exploré des pistes audacieuses. La proposition majeure concerne la rétrocession par l’État des logements jadis propriétés de la COMUF. Si l’idée séduit par son potentiel de rentabilité pour la municipalité, elle appelle à une prudence extrême . Le Premier Adjoint a d’ailleurs souligné la délicatesse sociale de ce dossier, ces habitations abritant actuellement de nombreux agents de l’État.
Pour élargir l’assiette fiscale, le conseiller César OPIANGHA a soumis un projet ambitieux d’aménagement foncier. Face à la saturation de la voisine Moanda, Mounana entend se positionner comme une alternative résidentielle par le morcellement de nouvelles parcelles. D’autres projets, allant de l’agro-pastoral (fermes avicoles, potagers) aux unités artisanales (quincailleries, briqueteries), ont été évoqués pour abonder les caisses communales.
En clôture de cette session historique, Cédric Émerick MAKA TONGO a troqué les gants de velours pour une détermination d’acier. Ses mots, tels un couperet, ont résonné dans l’assemblée :
« Je reste profondément attaché à la concrétisation de ce projet, quelles que soient les difficultés rencontrées. »
C’est sur cette note de fermeté patriotique que la séance s’est levée, en laissant présager un avenir où l’intérêt général redevient la boussole de la cité de Lebombi-Leyou.



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