RÉAGIR se réinvente : un congrès extraordinaire pour « sortir de l’imposture »
Par Jimmy Mandoukou
Ce samedi, l’effervescence régnait au siège du parti RÉAGIR, situé à Louis, où le Bureau Exécutif élargi s’est réuni dans une atmosphère que l’on devinait aussi dense que déterminée. Face aux militants venus nombreux et à une presse attentive, Bruno Ondo Mintsa, conseiller du président et porte-parole du mouvement, a brisé le silence pour annoncer une nouvelle qui marque un tournant décisif dans la vie de la formation politique.
La voix posée mais le regard acéré, le porte-parole a d’abord planté le décor : « Face à l’évolution rapide de l’environnement politique national et international, et dans le contexte de réformes profondes engagées dans notre système partisan, notre parti réaffirme sa détermination à s’adapter, à se renouveler ». Un constat lucide qui traduit l’urgence pour RÉAGIR de ne pas rester figé alors que le Gabon tout entier se transforme.
C’est donc dans cette dynamique que le parti a pris une décision majeure. « Nous avons décidé de convoquer un Congrès extraordinaire, qui se tiendra à Libreville, le samedi 28 mars 2026 », a déclaré Bruno Ondo Mintsa. Ce rendez-vous ne sera pas une simple formalité : il s’agit ni plus ni moins que de redessiner les contours idéologiques et stratégiques du mouvement. « Ce rendez-vous majeur sera l’occasion pour notre mouvement de définir ses orientations, d’établir un nouveau cadre stratégique et de renforcer ses structures afin de mieux répondre aux enjeux actuels et futurs », a-t-il insisté, laissant entrevoir des débats qui s’annoncent passionnés.
Mais au-delà des réformes internes, c’est un message cinglant qui a été adressé à un ancien membre turbulent. Sans jamais le nommer directement, le porte-parole a mis en garde contre ceux qui, selon lui, usurpent l’identité du parti. « Nous interpellons avec élégance celui qui, exclu du parti, continue de parler indûment en son nom », a-t-il lancé, avant de balayer d’un revers toute tentative de contestation : « Il convient de préciser que toutes les personnes qui se réclamaient cheminer avec cet individu ont, depuis et avec raison, quitté le navire et se sont toutes présentées candidates indépendantes lors des dernières élections. »
Dans un mélange habile de fermeté et de retenue, Bruno Ondo Mintsa a invité ce trublion à rejoindre la raison. « Nous lui adressons humblement mais fermement l’invitation à sortir de cette posture d’imposture. La crédibilité et l’honneur de REAGIR doivent primer sur toute tentation de dévoiement », a-t-il martelé, rappelant que « c’est dans la transparence et la légitimité que réside notre avenir commun ».
Alors que l’échéance du 28 mars approche, les regards se tournent désormais vers ce congrès qui devra non seulement trancher les querelles internes, mais surtout projeter RÉAGIR dans une nouvelle ère. « Nous remercions toutes celles et ceux qui nous soutiennent, notamment nos militants, nos sympathisants, nos partenaires et l’ensemble de la population pour leur confiance et leur patience », a conclu le porte-parole, avant de rappeler la boussole qui guidera désormais le mouvement : « Ensemble, nous sommes déterminés à bâtir un avenir où la dignité humaine, la participation citoyenne et la justice sociale seront les piliers de notre action. »
Reste à savoir si ce vent de renouveau suffira à dissiper les nuages qui s’accumulent à l’horizon du paysage politique gabonais.



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