Sommes-nous encore capables de faire confiance à un sélectionneur gabonais ?
Par Ange Mba
Les mauvais résultats des Panthères du Gabon à la CAN ont définitivement scellé le sort du sélectionneur national Thierry Dieudonné Mouyouma. Après l’éviction de Patrice Neveu, les nouvelles autorités sportives avaient pourtant fait le pari audacieux et patriotique de confier l’encadrement technique à un duo d’entraîneurs gabonais, censés mieux maîtriser les réalités locales, la mentalité des joueurs et les contours du football national.
Une option qui, à ses débuts, a connu un certain succès et suscité beaucoup d’espoir. Malheureusement, cette dynamique positive s’est progressivement détériorée, plombée par des contre-performances sportives et surtout par des scandales extra-sportifs ayant fragilisé la crédibilité du sélectionneur et de l’équipe nationale.
Depuis la récente suspension des Panthères, de nombreuses voix s’élèvent sur les réseaux sociaux pour réclamer le retour d’un technicien étranger, notamment Alain Giresse ou Hervé Renard. Ces appels traduisent une perte de confiance compréhensible, mais ils posent une question fondamentale : faut-il abandonner définitivement l’option d’un sélectionneur gabonais ?
Imputer l’échec de Mouyouma à l’ensemble des entraîneurs locaux serait une grave erreur d’analyse. Un homme peut faillir sans que toute une école de formation soit disqualifiée. Avec Mouyouma, tout n’a pas été mauvais. Il a relancé certains joueurs, tenté d’instaurer une discipline, et cherché à redonner une identité de jeu aux Panthères. Les résultats n’ont pas suivi jusqu’au bout, mais l’intention et la vision existaient.
Le nouveau ministre des Sports est aujourd’hui interpellé sur une responsabilité historique qui est de préserver ou non la tradition d’un encadrement national par des Gabonais, une pratique pourtant largement répandue ailleurs en Afrique.
De nombreuses nations africaines ont bâti leurs plus grandes réussites avec des sélectionneurs locaux notamment
Le Maroc avec Walid Regragui, Le Sénégal avec Aliou Cissé, L’Algérie avec Djamel Belmadi, L’Égypte avec Hassan Shehata, La Tunisie, le Mali, la Zambie…
Tous prouvent qu’un entraîneur local compétent, soutenu par des moyens adéquats, peut conduire son pays au sommet du football continental.
Le Gabon lui-même possède une référence incontestable avec Claude Mbourounot, et Thierry Ebobola sacré champion d’Afrique U23 en 2011 avec une équipe composée majoritairement de joueurs locaux. À l’époque, seul Alexandre Ndoumbou évoluait à l’étranger. Ce sacre demeure l’un des plus grands exploits de l’histoire du football gabonais et prouve que le savoir-faire local existe bel et bien.
Le salut du football gabonais ne viendra pas seulement d’un nom étranger prestigieux, mais d’une politique cohérente, patriotique et structurée.
Croire encore aux entraîneurs locaux, ce n’est pas de l’utopie c’est du bon sens.
Nous y reviendrons !



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