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Un fauteuil pour deux : Andy Félix Makindey Nzé Nguema élu dans un fauteuil

Par Jimmy Mandoukou

La salle des mariages Lubin Martial Ntoutoume n’a jamais aussi bien porté son nom. Ce mercredi, c’est bien une union que sont venus célébrer les conseillers municipaux de Libreville, mais une union politique, scellée sous le regard bienveillant de Marie-Françoise Dikoumba, gouverneur de l’Estuaire. Au menu des réjouissances : l’élection du sixième adjoint au maire, un poste devenu vacant après l’exclusion de Nicolas Isidore Moussotsi Moussavou par son propre parti, le PDG, le 13 novembre dernier.

Une vue de l’assistance

Le décor était planté, le cadre légal soigneusement rappelé par la gouverneure, s’appuyant sur un avis du Conseil d’État du 22 décembre 2025 ayant acté la vacance du siège. Mais avant de pourvoir au poste vacant, il fallait d’abord régler une formalité : remplacer le conseiller sortant. C’est Gabriel Malonga, président du groupe des conseillers municipaux du PDG, qui a dévoilé la carte gagnante. Dans la plus parfaite discrétion, Joséphine Sylvie Ndong Makita, suivant l’ordre de la liste présentée par le parti lors des élections locales, a été intronisée nouvelle conseillère municipale. Une nomination passée presque inaperçue, comme une évidence, un simple ajustement technique avant le plat de résistance.

Une autre vue de l’assistance 

La suite était écrite d’avance. Face à un candidat unique, Andy Félix Makindey Nzé Nguema, le scrutin a eu des airs de formalité administrative. Résultat sans appel : 134 voix sur 150 votants, soit 89,34% des suffrages. Une élection expédiée en quelques minutes, qui a vu le nouveau venu endosser l’habit de sixième adjoint sans la moindre once de suspense.

C’est donc un homme ému qui a reçu l’écharpe des mains du maire Pierre Obame Etoughé. « J’ai un sentiment d’émotion. Je suis plein d’émotion », a-t-il confessé, avant d’adresser ses pensées aux « maires qui sont partis, et notamment à mon homonyme qu’on appelait le maire sortant à vie. » Une référence appuyée à l’ancien maire de Libreville, comme pour mieux inscrire son élection dans une forme de continuité symbolique.

 

Derrière les remerciements d’usage au chef de l’État et à la direction du PDG, le discours du nouvel adjoint a rapidement glissé vers un plaidoyer pour « la mise en place effective de la décentralisation ». Une déclaration de principe qui sonne comme un engagement, mais qui laisse en suspens une question : que pèse vraiment un sixième adjoint dans la gestion d’une capitale aux mille défis ?

 

Alors que les 150 conseillers quittaient la salle des mariages, une évidence s’imposait : dans cette histoire, le plus beau mariage n’était peut-être pas celui du nouveau venu avec sa fonction, mais celui, plus discret, d’un parti politique avec un siège qu’il n’avait jamais vraiment perdu. Pendant ce temps, Joséphine Sylvie Ndong Makita, elle, repartait avec le simple titre de conseillère, comme une invitée que l’on félicite poliment avant de tourner la page.

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