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Fegafoot : statuts sur mesure, football divisé… Christian Nzogho Mintsa charge 12 ans de gouvernance

Par Ange Mba

‎La campagne électorale au sein de la Fédération gabonaise de football (Fegafoot) s’annonce particulièrement tendue cette année. Entre contestations du processus électoral, attaques personnelles et nombreuses difficultés administratives, le renouvellement du Comité exécutif pourrait prendre une tournure inattendue.

‎C’est dans ce contexte que Christian Gabin Nzogho Mintsa, futuro FIFA du gabon en administration et instructeur de la CAF, a tenu une conférence de presse afin d’alerter sur la tournure préoccupante et précipitée que semble prendre ce processus électoral. Il a notamment appelé l’équipe dirigeante sortante, après douze années de règne sans partage, à dresser un véritable bilan, sans complaisance, de l’état du football gabonais depuis son arrivée à la tête de la fédération en 2014.

‎Au cours de son intervention, il a rappelé les périodes fastes du football gabonais. En 2011, les U-23 avaient marqué l’histoire en remportant pour la première fois la Coupe d’Afrique des nations de leur catégorie. Dans la même dynamique, les U-17 avaient atteint la phase finale au Maroc, tandis que les U-20 disputaient également une phase finale en Algérie.

‎Cette dynamique positive avait permis à l’équipe nationale A de réaliser un exploit en atteignant les quarts de finale de la CAN 2012. Selon lui, ces résultats étaient le fruit d’une véritable politique sportive fondée sur l’organisation régulière des compétitions dans toutes les catégories.

‎Cependant, la situation actuelle serait bien différente. Christian Gabin Nzogho Mintsa évoque un bilan sportif jugé insuffisant, dans un contexte marqué, selon lui, par des statuts « taillés sur mesure » afin de maintenir les dirigeants actuels à la tête de la fédération.

‎Il a également dénoncé l’exclusion présumée de plusieurs acteurs du football national du processus décisionnel du congrès fédéral, notamment l’Association nationale du football féminin, les médecins du sport, ainsi que les représentants du futsal, du beach soccer et des footballeurs professionnels. D’après lui, ces douze dernières années ont profondément divisé la famille du football gabonais, en raison d’un manque d’unité et d’une faible implication de certaines structures comme la Ligue de football amateur, le futsal ou encore le beach soccer.

‎Enfin, l’instructeur de la CAF a évoqué plusieurs dysfonctionnements institutionnels qui, selon lui, inquiètent une partie de l’opinion. Il cite notamment l’absence de résultats sportifs à la hauteur des attentes du peuple gabonais, le manque de critères administratifs et techniques pour les candidats aux postes de dirigeants des sous-ligues, des ligues ou de la Fegafoot, ainsi que ce qu’il considère comme une prise d’otage d’une grande partie de la presse nationale, qui agirait selon les intérêts de leurs maîtres.

‎Face à ces différentes préoccupations, il s’interroge sur l’opportunité de convoquer un congrès électif dans un tel contexte et appelle les autorités à clarifier la situation des fédérations sportives reconnues comme étant en irrégularité, afin de mettre fin à ce qu’il qualifie de « confusion » autour du processus électoral et demande un comité de normalisation à la fegafoot.

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