Ramadan à la Mosquée Hassan II : Le Président brise le jeûne et les préjugés
Par Jimmy Mandoukou
C’est un chef de l’État en tenue traditionnelle boubou, souriant et visiblement recueilli, qui a pris place sur le tapis de prière de la Mosquée Hassan II de Libreville. Dans le cadre du dernier vendredi du Ramadan, le Président de la République gabonaise a répondu à l’appel du croissant lunaire, partageant un moment d’une rare intensité spirituelle avec la communauté musulmane du Gabon.
L’air était chargé d’une ferveur particulière lorsque l’appel à la prière du Maghreb a retenti. Ce n’était pas seulement la rupture du jeûne qui était à l’ordre du jour, mais bien une communion nationale. À ses côtés, Abdu Razzaq Kambogo, chef de la communauté musulmane, a guidé les fidèles et l’hôte du jour dans une prière collective, symbole d’une unité transcendante les clivages politiques.
Vue du président de la République, recevant des hommages
Avant le partage du repas, l’émotion a laissé place à un message politique et spirituel fort. Abdu Razzaq Kambogo, micro en main, a saisi l’occasion pour lancer un appel vibrant à ses coreligionnaires et à tous les Gabonais.
« Ce moment de partage nous rappelle notre devoir le plus sacré : cultiver les vraies valeurs de l’Islam, celles de la paix, de l’amour et de la cohésion sociale. »
Vue du président et de la délégation des musulmans
Un message qui résonnait avec force dans la bouche du guide religieux, alors que le pays poursuit sa marche vers la prospérité. La prière s’est ensuite muée en une bénédiction pour la nation. L’imam Tidjane BABAGANA, dans une invocation solennelle, a prié pour le Gabon, pour le renforcement des liens entre ses filles et ses fils, et pour l’accompagnement divin du chef de l’État.
Le chef de l’État, lors de la prière
« Nous avons imploré le Tout-Puissant d’accorder au Président la sagesse et la force nécessaires pour mener à bien sa politique de développement. La réussite du Gabon est la réussise de tous ceux qui y vivent, quelle que soit leur foi. » a insisté l’imam.
Au-delà du symbole politique et religieux, la soirée a pris un tournant profondément social. Le Président n’est pas venu les mains vides. Après avoir partagé les dattes et le repas traditionnel de la rupture, il a procédé à une vaste distribution de dons.
Quelques membres du gouvernement
Hommes, femmes et familles nécessiteuses, massés dans l’enceinte de la mosquée, ont reçu des vivres et des aides. Un geste qui, pour beaucoup, dépasse le simple cadre de la charité islamique pour toucher à la solidarité nationale. En voyant le chef de l’État remettre personnellement des colis aux femmes présentes, un fidèle glissait à son voisin : « Il ne fait pas que prier pour nous, il agit. C’est ça, le vrai sens du partage. »
Alors que la nuit tombait sur Libreville, l’image qui restait était celle d’un Président en prière, unie à son peuple, rappelant que le Gabon, terre de spiritualité, construit aussi son avenir sur les valeurs de fraternité.



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