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Disparition de Cheikh Alioun : un hommage empreint d’émotion et d’engagement à la mosquée de Louis

Par E.M.Y

L’émotion était profonde, mais elle s’est rapidement muée en détermination collective, ce vendredi 10 avril 2026 à la mosquée de Louis. Fidèles, proches et anonymes, venus nombreux de tout le Gabon, se sont réunis pour rendre un dernier hommage à Cheikh Alioun, rappelé à Dieu. Au-delà du recueillement, c’est une communauté soudée et consciente de ses responsabilités qui s’est exprimée à travers cet hommage.

Le discours prononcé par Ibadallah a donné une orientation claire à cette cérémonie : faire du départ du guide spirituel un levier d’engagement. « Aujourd’hui, nos cœurs sont touchés. Cheikh Alioun est retourné vers Allah », a-t-il déclaré, avant de rappeler que le défunt incarnait une lumière et une sagesse appelées à perdurer dans les actions des fidèles.

Une vue de la communauté musulmane

Mais très vite, au-delà de l’émotion, l’orateur a invité la communauté musulmane à se hisser à la hauteur de l’héritage laissé. Il a insisté sur la nécessité de faire vivre un islam d’équilibre, « un islam du juste milieu, un islam qui rassemble et qui élève », en soulignant que cette vision ne peut exister sans un engagement concret des croyants dans leur quotidien.

Un moment de partage

Dans une société en quête de repères, l’exemple de Cheikh Alioun apparaît ainsi comme une boussole. « L’éloquence sans vérité est vide », a rappelé Ibadallah, appelant implicitement les fidèles à privilégier la sincérité des actes à la seule beauté des discours.

Cet appel a trouvé un écho particulier au sein de la communauté musulmane gabonaise, invitée à poursuivre l’œuvre du défunt dans un esprit d’ouverture. Car Cheikh Alioun n’était pas seulement un guide pour les musulmans : « Il s’adressait aux musulmans comme aux chrétiens, aux croyants comme à ceux qui doutent ». Une posture qui engage aujourd’hui les fidèles à devenir, à leur tour, des artisans de paix et de dialogue.

Dans cette dynamique, le message central du discours s’est imposé avec force : transformer le deuil en responsabilité. « Honorer une telle personne, ce n’est pas seulement évoquer son souvenir… c’est faire vivre ce qu’il incarnait », a insisté l’orateur. Une exhortation claire à inscrire la foi dans l’action, à travers la soumission à Allah, le respect de la tradition prophétique et un comportement exemplaire dans la société.

Ainsi, la disparition de Cheikh Alioun devient un appel collectif : celui d’un engagement renouvelé de la communauté musulmane du Gabon, que promeut son chef, Abdu Razacq Guy Kambongo. Engagement dans la parole, plus juste et plus responsable. Engagement dans les actes, plus sincères et plus alignés avec les valeurs islamiques.

« Ne laissons pas son départ être une fin. Faisons-en un début », ont-il requis. Une phrase qui résonne comme une feuille de route pour les fidèles, appelés à transformer leur tristesse en énergie constructive.

La cérémonie s’est achevée par une prière collective, dans laquelle la communauté, unie et déterminée, a imploré la miséricorde divine pour le défunt, tout en renouvelant son engagement à faire vivre, dans la durée, l’héritage spirituel qu’il laisse derrière lui.

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