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Cinq ans après, Brice Laccruche Alihanga rend un hommage émouvant à “Papa Andjoua”

Par Stive Roméo Makanga 

‎Cinq ans après la disparition de celui qu’il appelle affectueusement « Papa Andjoua », Brice Laccruche Alihanga a choisi la sobriété et l’émotion pour raviver le souvenir. Dans une publication empreinte de retenue, ce samedi 18 avril 2026, l’ancien directeur de cabinet de la présidence gabonaise écrit : « Les circonstances m’ont tenu loin le jour de ton départ… Mais jamais loin du cœur. » Une phrase simple, mais lourde de sens, qui renvoie à une période sombre de sa vie.

‎Car derrière cet hommage se dessine une réalité plus profonde : celle d’un homme privé, durant plusieurs années, de ses libertés fondamentales. Arrêté en novembre 2019 dans le cadre de l’opération dite « Scorpion », Brice Laccruche Alihanga a passé près de quatre ans en détention dans des conditions largement décriées. Des rapports évoquaient clairement une détention arbitraire et des atteintes aux droits humains. Toute chose qui renforçait la perception d’un emprisonnement à forte dimension politique. Et c’était bien le cas.

‎Durant cette période, l’ancien proche du pouvoir n’a pas seulement été confronté à l’épreuve de l’incarcération. Il a également été privé de moments essentiels de la vie familiale, notamment les obsèques de proches disparus. La mort de « Papa Andjoua » s’inscrit dans cette séquence douloureuse, marquée par l’impossibilité d’accompagner les siens dans le deuil.

‎Cette absence contrainte, aujourd’hui rappelée dans son message, met en exergue et de façon forte une dimension souvent occultée des détentions politiques : la rupture des liens humains. Empêché d’assister aux funérailles de certains membres de sa famille, il a vécu une double peine: judiciaire et intime.

‎Ancien homme fort du système sous Ali Bongo Ondimba, Brice Laccruche Alihanga a connu une chute brutale avant d’être libéré à la faveur du changement de régime intervenu en 2023. Sa libération, ordonnée dans un contexte de rupture politique, a été interprétée par certains comme la reconnaissance implicite du caractère contesté de sa détention.

‎Aujourd’hui, son message ne relève pas du discours politique, mais du registre de l’intime. Pourtant, il rappelle, en creux, une période où la justice gabonaise était accusée d’être instrumentalisée, et où plusieurs figures publiques étaient perçues comme des prisonniers politiques.

‎En évoquant « Papa Andjoua », Brice Laccruche Alihanga ne rend pas seulement hommage à un disparu. Il ravive aussi la mémoire d’un temps où les trajectoires individuelles pouvaient basculer brutalement, au prix de sacrifices humains profonds.

‎Au-delà de l’émotion, ce message interroge : comment reconstruire après l’épreuve, et surtout, comment réparer ces absences imposées que rien ne peut véritablement compenser ?

‎Cinq ans après, le souvenir demeure. Et avec lui, une page encore sensible de l’histoire politique récente du Gabon.

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