Le Transgabonais sous l’impulsion de l’AFD : un levier stratégique pour la transformation industrielle du Gabon
Par Stive Roméo Makanga
Au Gabon, la modernisation du Transgabonais prend une nouvelle dimension grâce au soutien massif de l’Agence Française de Développement. Considérée comme l’épine dorsale du transport ferroviaire national, cette infrastructure de 648 kilomètres reliant Libreville à Franceville bénéficie désormais d’un accompagnement financier et technique stratégique destiné à renforcer la souveraineté logistique et la compétitivité économique du pays.
À travers ce partenariat structurant avec les autorités gabonaises, l’AFD apparaît aujourd’hui comme l’un des principaux artisans de la transformation du réseau ferroviaire gabonais, longtemps confronté aux aléas climatiques, aux instabilités géologiques et à l’usure progressive des infrastructures.
Le soutien de l’AFD se matérialise notamment par le déploiement du Programme de modernisation et de sécurisation (PMS), qui succède au Programme de remise à niveau (PRN) engagé depuis 2016.
Dans ce cadre, l’État gabonais a contracté auprès de l’AFD un prêt souverain de 173 millions d’euros, auquel s’ajoute un don de 30 millions d’euros octroyé par l’Union européenne. L’enveloppe globale atteint ainsi 203 millions d’euros.
Parallèlement, Proparco, filiale du groupe AFD, s’est associée à la Société financière internationale pour mobiliser 225 millions d’euros supplémentaires au profit de SETRAG.
L’objectif affiché est clair : restaurer pleinement la capacité opérationnelle de la ligne afin d’atteindre 16 paires de trains par jour, soit huit trains dans chaque sens.
La modernisation du Transgabonais représente également un défi technique majeur. Traversant une vaste forêt équatoriale soumise à de fortes précipitations et à des mouvements de terrain fréquents, la ligne ferroviaire nécessite des interventions lourdes pour garantir sa stabilité.
Le programme soutenu par l’AFD prévoit notamment le remplacement progressif des traverses en bois par des traverses en béton, la pose de rails plus résistants adaptés au transport de fret lourd, la stabilisation des plateformes ferroviaires, la réhabilitation des ouvrages d’art les plus sensibles, ainsi que la modernisation des systèmes de gestion du trafic ferroviaire.
Les gares voyageurs devraient également être rénovées afin d’améliorer les conditions de transport des quelque 300 000 usagers qui empruntent chaque année cette ligne stratégique.
Au-delà de la dimension technique, le Transgabonais demeure un maillon essentiel de l’économie nationale. Le manganèse exploité à Moanda, qui représente environ 6 % du produit intérieur brut gabonais, transite intégralement par cette voie ferrée avant d’être acheminé vers le port d’Owendo.
En renforçant la fiabilité du réseau, le partenariat entre l’AFD et le Gabon vise ainsi à fluidifier les exportations minières et forestières, tout en stimulant l’activité industrielle dans les zones traversées par le chemin de fer.
Cette modernisation s’inscrit également dans une logique de développement territorial et de transition vers des infrastructures de transport plus durables, faisant du Transgabonais un outil central de la stratégie gabonaise de diversification économique.
À travers cet engagement financier d’envergure, l’AFD confirme son rôle prépondérant dans l’accompagnement des grands projets structurants du Gabon et dans la consolidation des ambitions industrielles du pays.



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