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Affaire Bilie-By-Nze : la Chambre d’accusation de la Cour d’appel confirme le maintien en détention préventive

Par Stive Roméo Makanga

Le vendredi 15 mai 2026 restera une date charnière dans le feuilleton judiciaire qui tient en haleine le landerneau politique gabonais. Statuant sur l’appel formé par la défense de l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, la Chambre d’accusation de la Cour d’appel judiciaire de Libreville a rejeté l’intégralité des recours introduits et confirmé l’ordonnance de placement en détention préventive rendue par le juge d’instruction. Cette décision, qui prolonge le séjour de l’ex-chef du gouvernement à la maison d’arrêt de Libreville, sonne comme un désaveu cinglant pour ses conseils et met provisoirement un terme aux espoirs de remise en liberté.

Une décision de justice qui referme une porte

Saisi d’un appel contre le refus de liberté provisoire opposé par le magistrat instructeur, la juridiction d’appel a choisi de s’aligner sur l’appréciation initiale du juge d’instruction, estimant que le maintien en détention demeurait justifié par la nécessité de préserver l’ordre public. En entérinant cette ordonnance, la Chambre d’accusation a ainsi écarté toute possibilité de remise en liberté à ce stade de la procédure, laissant l’ancien Premier ministre dans l’expectative de la suite de son jugement.

Cette issue judiciaire est vécue au sein du parti Ensemble pour le Gabon (EPG), dont M. Bilie-By-Nze assume la présidence, comme un revers aussi inattendu que préoccupant. Ses partisans, qui plaidaient en faveur d’une application rigoureuse et stricte des principes du droit, déplorent que la Cour ait préféré avaliser la décision contestée plutôt que d’ordonner une mise en liberté d’office. Ils font valoir que le prévenu ne saurait constituer une menace pour l’ordre social et qu’il présente, par ailleurs, toutes les garanties de représentation exigibles sur le territoire national. La décision rendue est dès lors perçue, dans les rangs du parti, comme une atteinte aux libertés fondamentales, voire comme le signe d’une justice soumise à des considérations étrangères au strict domaine du droit.

Une affaire née d’une créance vieille de près de deux décennies

Pour mémoire, cette procédure trouve son origine dans l’interpellation de l’ancien Premier ministre, survenue le 15 avril dernier, par les services de la Direction générale des recherches (DGR). Quelques jours après cette mise en garde à vue, le Parquet de la République a officiellement précisé la nature des charges retenues à son encontre : abus de confiance et escroquerie. Les faits incriminés portent sur le non-remboursement présumé d’une créance de cinq millions de francs CFA, contractée en 2008 dans le cadre du préfinancement d’un Festival culturel national — une somme dont le recouvrement n’aurait jamais été effectué.

Le caractère relativement modeste de ce montant, rapporté au rang et au profil de l’inculpé, n’a pas manqué de susciter des interrogations quant aux véritables motivations de ces poursuites, certains observateurs n’hésitant pas à y déceler une dimension politique.

La voie de la cassation désormais ouverte

À la suite de cette décision défavorable, la question qui se pose désormais avec acuité est celle de la stratégie judiciaire que la défense entend adopter. Le recours en cassation demeure, en théorie, une voie de droit ouverte aux avocats de l’ancien chef du gouvernement. Toutefois, à l’heure où ces lignes sont rédigées, aucune décision n’a encore été officiellement annoncée en ce sens.

En attendant que la prochaine étape procédurale soit franchie, Alain-Claude Bilie-By-Nze demeure incarcéré à la maison d’arrêt de Libreville. Son sort continuera, n’en doutons pas, d’alimenter les discussions au sein d’une classe politique gabonaise que cette affaire aura profondément ébranlée.

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