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Conseil des ministres : Oligui Nguema hausse le ton et accélère la refondation de l’État

Le Conseil des ministres tenu ce jeudi 25 juin sous la présidence du chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, marque un nouveau tournant dans la mise en œuvre de la Ve République. Bien au-delà de l’adoption de textes législatifs et réglementaires, cette réunion a été dominée par une série d’instructions présidentielles qui traduisent une volonté affirmée d’imposer davantage de rigueur, d’efficacité et de responsabilité au sein de l’appareil d’État.

Dès l’ouverture des travaux, le président de la République a rappelé aux membres du Gouvernement que son discours sur l’état de la Nation du 15 juin dernier ne relevait pas d’un simple exercice institutionnel. Il constitue désormais une véritable feuille de route dont l’exécution devra être visible, mesurable et évaluée.

Dans cette perspective, le chef de l’État a insisté sur trois exigences majeures.

La première concerne le caractère intangible des décisions prises en Conseil des ministres. Désormais, aucune décision arrêtée collectivement ne pourra être remise en cause par un membre du Gouvernement. Pour éviter les improvisations, Brice Clotaire Oligui Nguema a exigé que les dossiers soient préparés avec davantage de rigueur lors des conseils interministériels, tout en rappelant la responsabilité directe du Vice-président du Gouvernement et du Secrétaire général de la Présidence dans la qualité des textes soumis.

La deuxième exigence porte sur la qualité des réformes juridiques. Le président de la République a demandé que chaque projet de loi ou de décret soit précédé d’études d’impact approfondies afin d’en mesurer les conséquences financières, techniques et opérationnelles avant leur adoption.

Enfin, le troisième axe concerne les relations entre l’exécutif et le Parlement. Le chef de l’État souhaite désormais une meilleure coordination entre les deux institutions afin de fluidifier le processus législatif et d’éviter les blocages susceptibles de ralentir les réformes.

Au-delà de ces orientations institutionnelles, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé sa volonté de renforcer le commerce intra-africain. Il a demandé au Gouvernement de privilégier davantage les importations provenant des pays africains, notamment dans le domaine alimentaire, considérant que cette politique constitue un levier de souveraineté économique et d’intégration continentale.

Le président de la République a également appelé à une préparation exemplaire des grandes célébrations nationales prévues en août, à savoir la Fête du drapeau, la Fête de l’indépendance ainsi que la Fête de la Libération qui se déroulera cette année dans la province de l’Ogooué-Ivindo.

Sur le plan législatif, plusieurs réformes majeures ont été examinées.

Parmi les plus importantes figure la création de la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale (CNNII), appelée à succéder à l’ancienne compagnie nationale afin de renforcer la souveraineté logistique du Gabon, réduire les coûts du transport et contribuer à la lutte contre la vie chère.

Le Gouvernement a également franchi une étape décisive dans la réforme du secteur de l’eau et de l’électricité en examinant les projets de loi créant deux nouvelles sociétés publiques : « La Gabonaise des Eaux » et « Électricité du Gabon ». Cette restructuration consacre la séparation définitive des activités actuellement exercées par la SEEG et vise une gestion plus spécialisée des deux secteurs stratégiques.

En matière de sécurité, un ambitieux projet de programmation couvrant la période 2026-2030 prévoit le renforcement des capacités de la Police nationale face aux nouvelles menaces que représentent notamment le terrorisme, la criminalité transfrontalière et les cyberattaques.

Le Conseil des ministres a également examiné plusieurs textes destinés à moderniser les institutions de la République. Ceux-ci concernent notamment la réforme de la Cour constitutionnelle, l’encadrement des nominations aux emplois civils supérieurs de l’État et aux fonctions de souveraineté, ainsi que la possibilité pour le président de la République de légiférer par ordonnance durant les intersessions parlementaires.

Dans le domaine économique, plusieurs décisions témoignent de la volonté du Gouvernement de poursuivre les réformes structurelles. L’approbation des statuts de l’Agence gabonaise de développement de l’économie verte (AGADEV), la création des Brigades mixtes de contrôle et d’inspection ou encore le plafonnement des rémunérations des dirigeants des autorités administratives indépendantes traduisent cette orientation vers une gouvernance plus rigoureuse.

Sur le plan social, le Conseil des ministres a institué une Journée nationale de la personne retraitée et de la personne âgée qui sera célébrée chaque 1er octobre. Une mesure qui vise à reconnaître la contribution des aînés au développement national tout en renforçant la solidarité intergénérationnelle.

Le secteur de la santé n’est pas resté en marge des préoccupations gouvernementales. Le Conseil a validé l’inauguration prochaine du Laboratoire national de santé publique entièrement réhabilité et équipé. Par ailleurs, les autorités ont indiqué qu’aucun cas de maladie à virus Ebola n’avait été détecté au Gabon, malgré l’épidémie actuellement déclarée en République démocratique du Congo.

Le Gouvernement a également pris acte de plusieurs communications relatives à la modernisation de l’agriculture, à l’organisation de la deuxième Foire commerciale de l’indépendance, au renforcement du tourisme ainsi qu’à la restructuration du Conseil national de la jeunesse.

Enfin, cette réunion s’est achevée par une importante vague de nominations au sein de plusieurs administrations, établissements publics et autorités administratives indépendantes, illustrant la poursuite de la recomposition de l’appareil d’État engagée depuis le début de la Transition.

À travers cette nouvelle session du Conseil des ministres, l’exécutif confirme sa volonté d’accélérer les réformes institutionnelles, économiques et administratives. Le message adressé aux membres du Gouvernement est sans ambiguïté : les engagements présidentiels devront désormais produire des résultats tangibles, visibles par les citoyens et évaluables dans leur mise en œuvre.

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