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Le Gabon retrouve les marchés internationaux avec une émission obligataire de 920 millions de dollars

Par Stive Roméo Makanga

Le Gabon signe son retour sur les marchés financiers internationaux. Le gouvernement a annoncé, jeudi 30 juillet finissant, la réussite d’une émission obligataire de 920 millions de dollars américains, une opération destinée à financer les investissements publics et à apurer une partie des arriérés de l’État. Au-delà du montant levé, les autorités voient dans cette transaction un signal de confiance des investisseurs et une étape importante dans le rétablissement de la crédibilité financière du pays. 

En effet, l’opération porte sur des Eurobonds assortis d’un coupon de 9,375 %, d’un différé d’amortissement de trois ans et d’une maturité finale fixée à 2033. Selon le ministère de l’Économie, le produit net de cette levée de fonds sera affecté aux projets d’investissement inscrits dans la loi de finances rectificative de 2026 ainsi qu’au remboursement des arriérés dus par l’État.

Cette émission marque le retour du Gabon sur les marchés internationaux après une période marquée par des conditions de financement particulièrement difficiles. Selon les documents transmis aux rédactions, en février 2025, le pays avait dû refinancer une échéance urgente par un placement privé de 570 millions de dollars à un rendement de 12,7 %, présenté comme le niveau le plus élevé jamais payé par un État africain pour une opération comparable. Dix-sept mois plus tard, Libreville est parvenu à lever 920 millions de dollars à un coupon de 9,375 %, dans le cadre d’une émission annoncée comme largement sursouscrite.

Les autorités y voient la traduction d’un redressement progressif de la perception du risque souverain. Elles mettent notamment en avant les remboursements de dette effectués en 2025, évalués à 2 565,4 milliards de FCFA sans retard sur les échéances de l’eurobond, ainsi que l’ouverture de discussions avec le Fonds monétaire international (FMI), dont une mission est attendue à Libreville en septembre prochain en vue de la conclusion d’un programme économique et financier avant la fin de l’année.

Le taux retenu reste élevé dans l’absolu, reflet du contexte international de remontée des taux d’intérêt. Les documents de cadrage rappellent d’ailleurs qu’il ne doit pas être comparé aux émissions réalisées il y a une décennie, lorsque les conditions monétaires mondiales étaient plus favorables. Ils soulignent en revanche que le coupon obtenu demeure inférieur aux anticipations formulées lors du débat d’orientation budgétaire de juin, où plusieurs projections évoquaient un coût compris entre 11 % et 13 %.

Le gouvernement estime également que cette opération se compare favorablement aux émissions récentes réalisées par plusieurs pays de la région. Les éléments transmis citent notamment des émissions à 9,5 % pour la République démocratique du Congo, à près de 10 % pour le Congo-Brazzaville et à plus de 10 % pour le Cameroun.

Soutenir l’investissement et apurer les arriérés

L’exécutif insiste sur la finalité de cette levée de fonds. Les ressources mobilisées ne sont pas destinées à financer de nouvelles dépenses courantes, mais à soutenir les investissements publics prévus dans la loi de finances rectificative et à rembourser des arriérés accumulés auprès des entreprises. Selon les autorités, cette stratégie doit permettre de réinjecter de la trésorerie dans l’économie, en améliorant la situation financière de nombreuses entreprises prestataires de l’État.

Le choix d’un emprunt amortissable sur sept ans, avec trois années de différé, est également présenté comme un instrument de gestion active de la dette, destiné à lisser les échéances futures plutôt qu’à créer un nouveau pic de remboursement à court terme.

Une opération qui sera scrutée

Si le gouvernement met en avant le succès de cette émission, plusieurs questions continueront d’alimenter le débat économique. Le coût réel de l’emprunt, son articulation avec le futur programme du FMI, ainsi que l’utilisation effective des fonds levés feront l’objet d’une attention particulière des investisseurs, des partenaires financiers et de la représentation nationale.

Dans son communiqué, le ministère de l’Économie voit néanmoins dans cette opération « une nouvelle étape » de la stratégie de financement du pays. Pour l’exécutif, la confiance manifestée par les investisseurs internationaux constitue un signal positif en faveur de la trajectoire de réformes engagée et du Plan national de croissance et de développement 2026-2030, censé soutenir la transformation économique du Gabon.

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