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Le bilan 2025 du Fonds RSE d’Eramet Comilog : un partenariat qui change le quotidien dans le Haut-Ogooué

Par Cadette Ondo Eyi 

Le rapport annuel 2025 du Fonds de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) entre l’État gabonais et Eramet Comilog dresse le portrait d’une année d’intenses réalisations, marquée par des investissements structurants dans la santé, l’éducation, les infrastructures urbaines et la diversification économique. Ce dispositif, piloté conjointement, illustre une gouvernance partenariale où autorités nationales, provinciales et locales co-construisent avec l’opérateur minier un agenda de développement territorial concret.

La RSE au Gabon s’appuie sur un socle législatif renforcé ces dernières années, notamment avec la Loi n°037/2018 du 11 juin 2019 portant Code minier, qui impose aux entreprises extractives des obligations de consultation des communautés et l’affectation de ressources à des projets de développement local. L’Addendum à la Convention minière signé le 2 octobre 2020 a ensuite aligné les engagements d’Eramet Comilog sur les meilleurs standards, en précisant les modalités de gouvernance, de suivi et de reporting du Fonds RSE.

Sur le plan financier, deux instruments clés structurent l’action communautaire : le Fonds de Développement des Communautés Locales (FDCL), alimenté par une part de la redevance minière proportionnelle et de la taxe d’extraction, et le Fonds spécial RSE, financé directement par Eramet Comilog à hauteur de 2% de son Résultat Opérationnel Courant (ROC) annuel. En 2025, ce cadre a permis de mobiliser et de décaisser des ressources significatives pour financer des projets à fort impact, avec des montants globaux de plusieurs milliards de franc consacrés aux territoires du Haut-Ogooué.

La gestion du Fonds RSE repose sur une architecture à deux niveaux : un Comité de Gestion Partenariale (CGP), instance stratégique chargée de valider les projets et d’allouer les ressources, et un Comité de Gestion Opérationnelle (CGO), dédié au suivi technique, à l’identification des difficultés et à l’ajustement des chantiers. En 2025, ces comités ont tenu plusieurs réunions permettant un pilotage rapproché des dossiers et une adaptation fine aux besoins exprimés par les collectivités de Moanda, Mounana et Bakoumba.

Cette gouvernance partagée assure une meilleure cohérence entre les priorités de développement territorial et les investissements réalisés, tout en renforçant la redevabilité et la transparence attendues par les populations et les autorités.

L’année 2025 a été marquée par une avancée majeure en matière d’accès aux soins : la mise en service de l’hôpital départemental de Moanda, infrastructure financée dans le cadre du Fonds RSE et inaugurée en août 2025. Moins d’un an après son ouverture, l’établissement affiche des indicateurs éloquents : plus de 7 600 consultations, plus de 1 200 hospitalisations, plusieurs centaines d’accouchements et une centaine d’agents en poste, témoignant d’un besoin longtemps non couvert dans la province du Haut-Ogooué.

Au-delà des chiffres, l’hôpital permet désormais de réaliser localement des actes chirurgicaux et des examens biologiques, réduisant ainsi les évacuations sanitaires vers Franceville ou Libreville et améliorant significativement la qualité de l’offre de soins. Des campagnes de sensibilisation et de dépistage, notamment sur les cancers féminins et masculins et le HPV, ont également été menées, renforçant la prévention et l’accès au diagnostic pour les populations locales.

Dans le secteur éducatif, 2025 a vu une forte accélération du chantier du Lycée de l’Excellence à Moanda, projet pluriannuel dont le taux d’avancement global a atteint près de 50% au cours de l’exercice. Ce lycée vise à renforcer l’offre d’enseignement secondaire de qualité dans la région, répondant à une demande croissante et à des enjeux de montée en compétence des jeunes. Par ailleurs, des réalisations antérieures (salles de classe, équipements didactiques) ont été consolidées, contribuant à améliorer les conditions d’apprentissage dans plusieurs établissements.

Côté infrastructures urbaines, plusieurs axes ont été prioritaires : la construction de 11 forages à Moanda pour faire face au stress hydrique et sécuriser l’accès à l’eau potable ; la poursuite des travaux d’aménagement des voiries secondaires, dont la route du quartier Bangombé ; et l’extension du marché de Moanda, levier de modernisation des activités commerciales locales. À Bakoumba, la réhabilitation de l’école de Bidoungui et la finalisation prochaine d’une médiathèque renforcent l’offre éducative et culturelle de proximité.

Le programme d’éclairage public solaire, lancé en 2024 et poursuivi en 2025, constitue l’un des projets emblématiques de l’amélioration du cadre de vie. En 2025, 4 860 lampadaires solaires ont été acquis et déployés, contribuant à la sécurité urbaine, à la réduction de la criminalité nocturne et à la modernisation des espaces publics. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de promotion de solutions énergétiques durables, adaptées aux besoins des territoires et à leurs contraintes d’exploitation.

Au-delà des infrastructures, la RSE d’Eramet Comilog place la diversification économique et l’autonomisation des communautés au cœur de sa stratégie. En 2025, un projet agricole intégré a été lancé à Bakoumba, incluant le développement d’une ferme agro-sylvo-pastorale et la mise en place d’une usine d’alimentation animale. Ces initiatives visent à soutenir l’entrepreneuriat rural, à créer des activités génératrices de revenus et à renforcer la résilience économique des populations face aux aléas.

Parallèlement, un fonds d’amorçage et des programmes d’accompagnement entrepreneurial ont permis de financer des dizaines de projets locaux, avec plus d’un milliard de FCFA engagé depuis le lancement du dispositif pour près de 200 initiatives. En 2025, 44 projets ont ainsi bénéficié de 260 millions de FCFA, illustrant une dynamique de soutien concret aux porteurs de projets locaux.

Le bilan d’exécution met en lumière une répartition équilibrée mais ciblée des efforts entre les localités. Moanda concentre environ 70% des réalisations, à travers des projets structurants dans l’éducation, l’accès à l’eau, l’énergie, les voiries et la modernisation des infrastructures commerciales. Bakoumba représente un peu plus de 20% des projets, avec un accent sur les services sociaux, la culture et la sécurisation de l’approvisionnement en eau. Mounana bénéficie d’environ 10% des projets, principalement axés sur la structuration d’équipements techniques et administratifs, comme le centre de contrôle technique et permis G.

Cette répartition traduit une stratégie d’intervention visant à maximiser l’impact local tout en accompagnant la transformation durable des territoires concernés par l’activité minière.

L’année 2025 n’a pas été exempte de défis : la mise en œuvre des projets a nécessité une gestion optimisée des ressources, une adaptation permanente face aux contraintes budgétaires et des exigences techniques parfois complexes. Ces défis ont été relevés grâce au renforcement des mécanismes de collaboration entre les parties prenantes et à la mobilisation constante des équipes impliquées.

Pour les années à venir, les priorités stratégiques porteront sur la poursuite des investissements dans les infrastructures essentielles, le renforcement de l’autonomisation économique des communautés via la diversification des activités, la protection accrue de l’environnement et l’amélioration continue des mécanismes de gouvernance du Fonds RSE. Des études ont d’ores et déjà été lancées pour préparer les projets de 2026, dans une logique d’amélioration continue et de redevabilité.

Le rapport 2025 du Fonds RSE confirme que le partenariat entre l’État gabonais et Eramet Comilog constitue aujourd’hui un exemple sur le plan national en matière de RSE minière. L’implication des institutions publiques, des autorités administratives et des collectivités locales a été déterminante pour la réalisation des initiatives et leur cohérence avec les besoins réels des populations.

En réaffirmant son engagement aux côtés de l’État, Eramet Comilog entend poursuivre cet effort en faveur d’un impact socio-économique durable, aligné sur sa stratégie « Act for Positive Mining » et les standards internationaux du secteur. Le bilan 2025 montre que, lorsqu’elle est pilotée de manière concertée et transparente, la RSE peut être un levier puissant de progrès pour les territoires et les populations qui les habitent.

 

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