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Gabon : les syndicats des industries extractives et énergétiques font front commun

Par Stive Roméo Makanga 

Quatre organisations syndicales issues des secteurs du pétrole, des mines, de l’électricité et de l’eau ont créé la Force ouvrière des industries extractives et énergétiques (FOIEE). La nouvelle fédération entend peser davantage dans le dialogue social et replacer la défense des droits et de la « dignité » des travailleurs au cœur des relations professionnelles.

Le paysage syndical gabonais compte désormais une nouvelle organisation. Quatre syndicats parmi les plus représentatifs des secteurs stratégiques de l’économie ont décidé d’unir leurs forces au sein de la Force ouvrière des industries extractives et énergétiques (FOIEE), une fédération appelée à défendre les intérêts des salariés du pétrole, des mines, de l’électricité et de l’eau.

Une vue des participants 

L’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP), le Syndicat national des travailleurs du secteur de l’eau et électricité (SYNTEE+), le Syndicat libre des travailleurs de la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG) et le Syndicat national des travailleurs des industries extractives (SYNATIEX) sont à l’origine de cette initiative. La création de la fédération a été actée lors d’une assemblée générale constitutive organisée, par visioconférence, le 19 août 2026.

Une autre vue des participants 

Au-delà de la naissance d’une nouvelle structure syndicale, ses fondateurs affichent une ambition plus large : construire un rapport de force commun dans des secteurs qui occupent une place centrale dans l’économie gabonaise. La FOIEE entend ainsi faire de la défense des droits sociaux, de la solidarité entre salariés et de la « restauration de la dignité » des travailleurs les principaux marqueurs de son action.

S’inspirant d’une lecture symbolique des Saintes Écritures, les responsables de la fédération présentent leur organisation comme une « ferme assurance » dans la défense et la promotion des droits des travailleurs, mais également comme une force de propositions. Une manière de signifier que la nouvelle centrale ne souhaite pas cantonner son action à la seule contestation. Elle ambitionne également de prendre part aux discussions sur l’évolution des conditions de travail et, plus largement, sur les orientations économiques et sociales du pays.

Cette volonté passe notamment par la recherche d’un dialogue social présenté comme « gagnant-gagnant », dans lequel les revendications des salariés devraient pouvoir être conciliées avec les impératifs économiques des entreprises et les objectifs de développement du Gabon.

Porté à la tête de la nouvelle fédération, Sylvain Mayabi Binet, également secrétaire général de l’ONEP, appelle déjà à élargir le rassemblement. « Les quatre membres fondateurs de la FOIEE comptent poursuivre cet idéal de solidarité, de justice et de dignité des travailleurs, en lançant d’ores et déjà un appel solennel à tous les syndicats véritablement engagés et épris de solidarité, de justice et de dignité, afin de défendre et de promouvoir ensemble les droits des travailleurs du secteur pétrolier et des activités connexes, du secteur minier et assimilé, ainsi que des secteurs de l’électricité et de l’eau », a-t-il déclaré.

L’enjeu est donc aussi celui de l’unité. En fédérant des organisations jusqu’ici structurées autour de leurs branches professionnelles respectives, la FOIEE cherche à constituer un espace commun de concertation et de négociation. Cette convergence pourrait donner davantage de poids aux revendications portées dans des secteurs où les questions de conditions de travail, de réglementation, de protection sociale et de négociation collective occupent une place importante.

La direction de la fédération traduit cette volonté de représentation transversale. Sylvain Mayabi Binet sera secondé par Éric Josué Bouanga Moussavou, leader du SYNTEE+. Constant Lembissa Mbelé (SYLTRAC) occupera les fonctions de secrétaire fédéral chargé de la réglementation, des conflits et des négociations. Brice Ngomanda (SYNATIEX) devient, pour sa part, secrétaire fédéral chargé des études et des questions sociales.

Avec cette nouvelle fédération, les organisations fondatrices font ainsi le pari que la mutualisation de leurs expériences et de leur capacité de mobilisation leur permettra de peser davantage face aux employeurs et dans les discussions avec les pouvoirs publics. La FOIEE devra désormais transformer cette ambition d’unité en capacité effective de négociation et démontrer, sur le terrain du dialogue social, la place qu’elle entend occuper dans le mouvement syndical gabonais.

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