Belinga : Fortescue accélère l’exploration et consolide l’ancrage local du projet
Par Stive Roméo Makanga
Le projet d’exploitation du fer de Belinga poursuit sa maturation dans l’Ogooué-Ivindo. À l’occasion du Forum économique provincial, organisé le 26 août 2026 à Makokou, le groupe australien Fortescue a présenté l’état d’avancement de ses opérations. Si le projet demeure encore dans une phase d’exploration, les travaux engagés, l’extension des recherches à de nouvelles zones et les premiers effets sur l’emploi permettent progressivement d’en mesurer l’envergure.
Dans l’Ogooué-Ivindo, où le développement du gisement de Belinga nourrit depuis longtemps de fortes attentes économiques, la présentation de Fortescue était particulièrement attendue. Devant les acteurs économiques et institutionnels réunis à Makokou, la compagnie a détaillé les travaux réalisés sur le terrain, mais également les perspectives qui pourraient, à terme, accompagner la mise en valeur de cette importante ressource de fer située dans le nord-est du Gabon.
Une vue de l’équipe, in situ
Pour Edward Kalajzic, directeur général de Fortescue Belinga, les enjeux dépassent d’ailleurs le seul cadre de l’activité minière. « Il représente non seulement une opportunité de croissance significative pour Fortescue, mais surtout, il a le potentiel de soutenir la diversification économique du Gabon », a-t-il déclaré.
Sur le terrain, les opérations d’exploration ont sensiblement progressé. La première campagne de forage approche désormais de son terme. D’après les données communiquées par le groupe, plus de 225 000 mètres de forage à circulation inverse ont été effectués à travers plus de 1 470 trous. À ces travaux viennent s’ajouter plus de 17 500 mètres de forage au diamant.
Le satisfécit est évident au regard des données positives
Cette importante campagne doit notamment permettre de préciser davantage les caractéristiques et l’étendue des ressources disponibles. Les informations recueillies serviront ainsi à consolider les connaissances géologiques du gisement et à alimenter les études nécessaires aux décisions qui détermineront la suite du projet.
Parallèlement, Fortescue élargit progressivement son périmètre d’exploration. Depuis mai 2026, des opérations sont également conduites à Batouala, tandis que des activités sont en préparation à Boka Boka. « Au cours de l’année 2026, l’exploration s’est également étendue au-delà de Belinga », a indiqué Edward Kalajzic. Cette extension vise à mieux cerner le potentiel minier des différentes zones concernées avant toute décision concernant leur éventuel développement.
Edward Kalajzic, le numéro Un de FORTESCUE BELINGA
Toutefois, l’avancée du projet ne se mesure pas uniquement à travers les données géologiques. Fortescue met également en avant les premières retombées en matière d’emploi. À ce stade, le projet représente 1 246 emplois directs. Les Gabonais occupent 82 % de ces postes et, parmi eux, 57 % sont originaires de l’Ogooué-Ivindo.
Cette orientation en faveur de la main-d’œuvre nationale s’accompagne, en outre, d’un volet consacré à la formation. À travers le programme « We Train for Gabon », cinquante Gabonais suivent actuellement en Australie une formation pratique destinée à leur permettre de se familiariser avec les métiers, les techniques et les méthodes de l’industrie minière. Pour Fortescue, il s’agit de préparer progressivement les compétences susceptibles d’accompagner le projet dans ses prochaines phases.
Au-delà des opérations conduites au Gabon, le groupe australien entend également rassurer sur sa capacité financière à soutenir des investissements de long terme. Fortescue fait état d’un bénéfice net sous-jacent après impôts de 3,5 milliards de dollars américains, soit une progression de 3 % par rapport à l’exercice 2025. Son bénéfice sous-jacent par action s’établit à 1,13 dollar américain, correspondant à 1,66 dollar australien.
Dans le même temps, ses activités opérationnelles ont généré 6,8 milliards de dollars américains de flux nets de trésorerie, tandis que le flux de trésorerie disponible atteint 3,2 milliards de dollars américains. Des performances que l’entreprise présente comme le reflet de sa capacité à maintenir ses opérations minières tout en poursuivant le financement de nouveaux projets.
Pour autant, ces indicateurs financiers ne préjugent pas encore du passage de Belinga à une exploitation industrielle à grande échelle. Le projet reste soumis aux conclusions des études en cours, à une décision finale d’investissement ainsi qu’à l’obtention des différentes autorisations nécessaires. Autrement dit, malgré les avancées enregistrées sur le terrain, plusieurs étapes déterminantes restent encore à franchir.
Le Forum économique de Makokou aura néanmoins permis de préciser la trajectoire actuellement suivie. De l’intensification des forages à l’élargissement des zones d’exploration, en passant par le recrutement local et la formation de travailleurs gabonais, Fortescue installe progressivement les fondations de ce qui pourrait devenir un important projet industriel.
Dans l’Ogooué-Ivindo, cette évolution restera particulièrement observée. Car au-delà des volumes de minerai susceptibles d’être exploités, c’est désormais la capacité du projet à produire durablement des emplois, des compétences et des retombées économiques pour la province et, plus largement, pour le Gabon, qui constituera l’un des principaux critères à l’aune desquels Belinga sera jugé.



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