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« La parole au peuple » : le FPG lance une caravane pour porter les doléances au président de la République

Par S.O.E

Le Front patriotique gabonais (FPG) entend se positionner comme un relais entre le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et les populations. Le 31 octobre 2026, le mouvement politique a lancé, depuis Nkogue-Adza, dans le Grand Libreville, sa caravane nationale dénommée « La parole au peuple ». Une initiative destinée à recueillir les préoccupations des habitants et à les transmettre directement au chef de l’État, notamment dans les localités où l’accès aux services sociaux de base reste problématique.

« Entre le chef et les populations, il y a de l’ombre au milieu », a estimé Gérard Ella Nguema, président du FPG, lors de sa prise de parole. À travers cette formule, le responsable politique pointe du doigt la distance qui, de son point de vue, s’est progressivement installée entre le sommet de l’État et les réalités vécues par les populations. Pour y remédier, son mouvement entend privilégier une démarche de proximité, fondée sur l’écoute et la collecte des témoignages sur le terrain.

Une vue des populations

En effet, le FPG considère qu’il est important que le président de la République puisse disposer d’informations provenant directement des populations, sans que celles-ci soient nécessairement filtrées par les différents échelons administratifs et politiques. « J’ai pensé qu’au regard de l’évolution qu’imprime le président de la République, il était important aussi qu’il commence à avoir directement le son de cloche qui vient des populations. S’ils sont satisfaits ou s’il y a besoin d’accélérer un peu plus », a expliqué Gérard Ella Nguema.

Pour le président du FPG, cette démarche se justifie également par les attentes sociales qui demeurent fortes, malgré les avancées enregistrées depuis l’accession de Brice Clotaire Oligui Nguema à la magistrature suprême. Dès lors, estime-t-il, les attentes des populations doivent continuer à être prises en compte, particulièrement dans le domaine social.

Vue de Gérard Ella Nguema (Centre) et de quelques notables

« Ces populations ont encore besoin qu’il fasse du social son fer de lance. Parce que comme vous venez de le constater, l’eau, le courant, l’école, l’hôpital, tout est sur la table », a-t-il souligné.

Dans cette perspective, le responsable politique envisage même la mise en place d’un mécanisme de démocratie plus directe. L’objectif serait de permettre aux populations de faire parvenir leurs préoccupations au chef de l’État sans passer systématiquement par les intermédiaires habituels.

Une première étape dans le Grand Libreville

Lancée le 31 octobre, la caravane « La parole au peuple » doit parcourir plusieurs localités du Grand Libreville jusqu’à la fin du mois de décembre 2026. À compter de janvier 2027, le FPG prévoit d’élargir son initiative aux cinq arrondissements de la capitale, avant de poursuivre cette démarche à l’intérieur du pays.

Au terme de ces consultations, les différentes préoccupations recueillies feront l’objet d’un mémorandum destiné au président de la République. Ce document devrait notamment répertorier les localités visitées, les difficultés constatées ainsi que les témoignages et éléments de preuve collectés auprès des habitants. Une manière, pour les initiateurs, de donner une traduction concrète aux doléances exprimées sur le terrain.

Le choix de Nkogue-Adza pour lancer cette caravane n’est pas anodin. Dans cette partie de Libreville, également connue sous l’appellation de Nzeng-Ayong village, les habitants sont confrontés à plusieurs difficultés liées notamment à l’insuffisance des infrastructures et des équipements collectifs.

Présent lors de cette rencontre, l’honorable Adrien Mendene Ella, notable et figure locale, a vu dans cette initiative une nouvelle occasion de remettre sur la table des revendications déjà adressées aux autorités. Il évoque notamment des démarches antérieures qui, malgré une réaction initiale favorable, n’auraient pas débouché sur des solutions durables.

« Nous avons adressé des lettres et il a réagi aussitôt, surpromptement. Et après, il y a eu un délaissement qui nous a un peu découragés. Mais quand quelqu’un revient sur ce relais pour nous assurer qu’il peut nous relancer, c’est une opportunité », a-t-il confié.

Sur le terrain, les attentes sont nombreuses. Routes, électrification, adduction d’eau, établissements scolaires et structures sanitaires constituent les principales préoccupations des habitants. « Ici à Nkogue-Adza, principalement, on a besoin de la route, on a besoin de l’électricité, on a besoin d’eau, on a besoin d’école, on a besoin d’un point de santé », a insisté le notable.

Par ailleurs, la question de l’offre scolaire publique apparaît particulièrement préoccupante. Adrien Mendene Ella a déploré une couverture insuffisante des besoins éducatifs dans cette partie du Grand Libreville. Pour lui, les habitants dépendent largement des initiatives privées pour assurer la scolarisation de leurs enfants.

« La seule école publique aux environs ici, c’est l’école publique de Dragages. L’environnement de Dragages compte à peu près 30 quartiers, avec une seule école publique. Et le plus souvent, quand vous arrivez une semaine après la rentrée administrative, on vous dit qu’il n’y a plus de place », a-t-il regretté.

Au-delà de cette première étape à Nkogue-Adza, le FPG entend donc poursuivre ses descentes dans les quartiers du Grand Libreville, avant d’étendre progressivement sa caravane à l’ensemble du territoire national.

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